Culture Montérégie : des fonds pour le scolaire

Le ministère de l’Éducation envisage des coupures pour le programme La culture à l’école. Une nouvelle qui inquiète Martin St-Gelais, directeur général de Culture Montérégie.

Martin St-Gelais ne comprend pas. Le directeur général de Culture Montérégie voit d’un très mauvais œil les coupures possibles de 13 M$, dés l’année 2026-2027, et de 26,5 M$, pour les trois années suivantes, du budget du programme La culture à l’école. Un montant qui représenterait 60 % du budget actuel.

Pour le dirigeant de la structure régionale, cette décision est difficilement compréhensible. « On entre dans un jeu politique, explique-t-il. La culture en milieu scolaire devait être une priorité pour le premier ministre et le ministre de la Culture. Or, aujourd’hui, on s’en remet au ministre de l’Éducation. À quel saint se vouer? Quelque chose ne fonctionne pas dans l’équation. »

Martin St-Gelais partage le même sentiment que le monde de la culture. « On est tous inquiets même si ces coupures ne sont pas confirmées. Cela va affecter les artistes, les musées et les lieux de diffusion. » Le directeur général constate déjà des incidences dans certaines salles. « On ressent déjà une baisse des réservations dans les différents lieux culturels de Montérégie. Dans un secteur, les salles sont remplies à hauteur de 69 %, au lieu de 82 % l’année dernière à la même date. En tout, ce sont mille enfants qui verront moins de spectacles. Les musées vivent le même effet, ce qui est gênant, surtout en Montérégie, qui est bien desservie dans ce domaine. »

Moins de spectacles pour les enfants pénalise tout un pan de l’économie de la Montérégie, selon Martin St-Gelais.

« En effet, les enfants sont les premiers pénalisés, regrette le dirigeant. Aussi pour l’artiste! Oui, il peut engranger des revenus supplémentaires, mais c’est aussi une rencontre lors de laquelle il peut partager et transmettre son art. Et, pourquoi pas, de susciter des vocations parmi les enfants. »

Bienfaits pour la société

Dans sa réflexion, le directeur général revient sur l’importance de donner l’accès à la culture aux enfants. « Cela permet, au bout du compte, d’avoir une société plus riche si la culture et les arts sont à leur place. Quand on regarde la valeur ajoutée, on constate les bienfaits de la culture. Les enfants deviendront plus ouverts, plus tolérants, avec plus de sensibilité concernant le beau. Et ce sont ces enfants qui deviendront des artistes et de meilleurs professionnels quel que soit leur emploi. »

Aussi, Martin St-Gelais n’oublie pas les adultes, qui peuvent aussi accéder à la culture tous les jours. « La Montérégie est un bassin de culture qui s’enrichit avec les nouveaux arrivants. Elle donne l’accès aux meilleurs éléments possibles pour l’intégration et la francisation. Couper dans ce secteur serait une perte potentielle d’actifs de développement. »

Aider les artistes

Enfin, les conditions de travail des artistes sont aussi une préoccupation. « Ces coupures vont affaiblir un écosystème qui n’est déjà pas très riche, poursuit-il. Il faut que nous fassions un constat socioéconomique. L’ensemble des acteurs que je rencontre vit les mêmes réalités qu’en Montérégie. Le soutien financier aux artistes est un enjeu qui vient englober le problème. On accompagne au mieux nos membres pour qu’ils aient accès à une subvention. Vous n’imaginez pas quel chemin ils doivent entreprendre pour y parvenir. Et ces problèmes ne sont pas d’aujourd’hui. »

Pour soutenir les artistes, Culture Montérégie a créé Catapultes. « C’est un programme qui permet de faciliter le travail entre le ministère de l’Éducation et l’écosystème, reprend Martin St-Gelais. Cela permet aussi de tisser des liens entre les deux mondes et nous en sommes très fiers. On est en relation avec la petite enfance et le primaire pour nous assurer que l’offre culturelle répond aux besoins éducatifs. On travaille avec le peu de ressources que nous avons et nous continuons à pousser même si les annonces du gouvernement ne sont pas encourageantes. »