Contrer le décrochage

C’est cette semaine qu’a lieu les Journées de la persévérance scolaire.

Plusieurs jeunes fréquentant une école secondaire à temps plein occupent également un emploi à temps partiel. C’est le cas de bien des élèves de l’école secondaire du Mont-Bruno. Katherine Leadbetter enseigne l’anglais à des élèves de cinquième secondaire. Selon elle, sur un groupe de plus ou moins 34 élèves, environ la moitié occupe un emploi à temps partiel.

Décrochage

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, 21 % des garçons qui travaillent d’une à dix heures par semaine sont susceptibles de décrocher de leur parcours scolaire. Cette proportion grimpe à un taux alarmant de 41 % chez ceux qui travaillent 21 heures ou plus. Chez les filles, ces proportions varient de 13 % à 24 %. Les risques liés à la santé et à la sécurité sont également bien présents. Selon des données publiées plus tôt cette année par la Commission des normes de l’équité de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), les accidents de travail chez les jeunes de moins de 16 ans ont bondi de 36 % en 2021, comparativement à l’année précédente.

« Cette année, j’ai vu l’impact que le travail a sur mes élèves. Ils dorment dans mes cours. C’est le même discours chaque fois : « J’ai travaillé tard et je n’ai pas beaucoup dormi.  » », explique la professeure d’anglais. De plus, Mme Leadbetter voit une différence, en termes de performance, entre les élèves qui occupent un emploi et ceux qui n’en occupent pas. « Les étudiants qui ne travaillent pas pendant la semaine sont physiquement plus alertes et participent davantage en classe. Ceux qui travaillent tard ou pendant de longues heures dorment, s’allongent sur le bureau ou ferment simplement les yeux pour se « reposer ». Ils ne le cachent pas, et certains sont au premier rang devant moi et ne peuvent pas s’en empêcher. Il y a une différence énorme dans leur attitude face à la fin des études. Ceux qui travaillent ont eu un avant-goût de l’argent et préfèrent occuper des emplois bas de gamme maintenant plutôt que de se préparer à de meilleurs emplois plus tard. »

Les Journées de la persévérance scolaire

Depuis 2004, le Québec se mobilise pour valoriser la persévérance scolaire et la réussite éducative des jeunes dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire (JPS). Elles servent à sensibiliser la population québécoise à la persévérance scolaire et à la poursuite des études comme étant essentielles au bon développement d’une société; invitent chacun d’entre nous à poser des gestes pour favoriser la persévérance scolaire des jeunes; sensibilisent une majorité d’acteurs (décideurs politiques et employeurs) au rôle actif qu’ils peuvent jouer auprès des jeunes de 0 à 20 ans dans la poursuite de leurs études; sensibilisent la population québécoise au fait que le soutien des jeunes de 0 à 20 ans doit se faire tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’école.