Champ de tir : une conservation annoncée
C’est la première fois que le champ de tir proche du parc national du Mont-Saint-Bruno reçoit une échéance quant à son avenir. Même si l’annonce a été faite dans le cadre d’une campagne électorale, Steven Guilbeault s’est engagé advenant qu’il soit élu.
Les maires des trois villes concernées par le champ de tir étaient présents, le 14 avril, pour entendre Steven Guilbeault promettre qu’après les élections fédérales, et en cas de victoire du Parti libéral, « il y aurait des négociations avec la province de Québec et les municipalités, dans les 90 premiers jours … à des fins de conservation, de récréation, tout en répondant aux demandes des municipalités avoisinantes et aux besoins des citoyens et citoyennes de la région ».
Heureux de l’annonce
Pour le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, « c’est une bonne nouvelle. Avec Sainte-Julie et Saint-Basile-le-Grand, nous avons réalisé un travail acharné pour en arriver là aujourd’hui. Ce qui est important, c’est que cela soit un espace récréatif de conservation accessible aux citoyens ». Pour le maire de Sainte-Julie, Mario Lemay, « cette annonce rend officielle la chose. C’est plus clair. On peut dire que le processus est enclenché. Les trois maires ont reçu un courrier indiquant qu’un appel d’offres sera lancé pour terminer la décontamination. L’étape ultime, c’est d’ajouter 50 % de la superficie actuelle au parc national du Mont-Saint-Bruno en poursuivant ».
Différents objectifs
Pour le maire de Saint-Basile-le-Grand, l’espace, déjà prêté pour la pratique du soccer en 2012, devrait être cédé à la Ville. « Ces terrains sont déjà décontaminés et encore cette année, des terrains de soccer seront en place. Ce terrain pourrait être cédé dès maintenant à la Ville de Saint-Basile-le-Grand. Cela donnerait de la crédibilité à l’annonce d’aujourd’hui », indique au journal Yves Lessard.
En campagne
Steven Guilbeault était accompagné, lors de cette annonce, du candidat du Parti libéral du Canada de la circonscription Mont-Saint-Bruno – L’Acadie, ainsi que de Michel Picard, ancien député libéral de la circonscription de Montarville, de 2015 à 2019. Rappelons que la circonscription de Montarville s’appelle désormais Mont-Saint-Bruno – L’Acadie. À une question d’un journaliste, M. Guilbeault n’a pas hésité à affirmer qu’il n’avait jamais été sollicité sur ce dossier en tant que ministre de l’Environnement par l’ancien député bloquiste de la circonscription. « Bien que M. Bergeron n’ait jamais interpellé ni le ministre de la Défense nationale ni moi-même sur le dossier du champ de tir, c’est grâce à l’implication et au travail acharné de personnes engagées dans leur communauté, telles que Michel Picard, Marie-Ève Pelchat (candidate libérale défaite par Stéphane Bergeron), ainsi qu’avec l’engagement de Bienvenu-Olivier Ntumba à poursuivre ce travail, que nous pourrons aller de l’avant avec un projet répondant aux besoins des familles de la région. »
Surprise du Bloc québécois
« J’ai été surpris qu’il me pointe du doigt. Dès 1993, nous avions approché le ministère de la Défense, qui ne voulait pas se départir du terrain. Ce n’est que quelques années après que le gouvernement fédéral a voulu aller de l’avant. En 2020, une première pétition avait été déposée et une deuxième récemment, qui avait recueilli 2000 signatures. C’est plutôt particulier que M. Guilbeault vienne faire des fanfaronnades dans la circonscription. Je n’ai peut-être pas eu de contact personnel avec lui, mais notre interlocuteur était le ministère de la Défense, alors prétendre vouloir représenter les électeurs quand on leur ment, je trouve ça inadmissible. La question que j’aimerais poser à M. Guilbeault, c’est pourquoi vouloir régler le dossier maintenant? Il pouvait apporter une réponse à ce dossier depuis plus de dix ans », a indiqué le député sortant du Bloc québécois, Stéphane Bergeron. Ce dernier nous a, en effet, montré de nombreux échanges, depuis janvier 2024, effectués avec le cabinet du ministre de la Défense nationale au sujet du champ de tir.
Deux ans de décontamination
Même si le ministre s’engage à entamer des discussions avec l’ensemble des parties concernées, il ne cache pas que le travail de décontamination n’est pas terminé. « Nous nous donnons un horizon de deux ans pour finir le travail de décontamination », précise-t-il. Tout semble donc encore sur la table à propos de l’avenir de l’ancien champ de tir situé sur le territoire des trois villes, même le fait que l’endroit devienne un parc urbain géré par Parcs Canada, comme l’a indiqué M. Guilbeault. « Cependant, rien ne sera fait sans l’accord des élus locaux », précise-t-il.
Rappelons que dans l’ordre prioritaire des choses, comme aucune autorité autochtone n’a réclamé le terrain, il appartient aux autorités fédérales à voir si elles auraient un intérêt pour le conserver, avant de le proposer aux autorités provinciales et, enfin, au palier municipal.
Rappelons que depuis 2017, date à laquelle l’ancien champ de tir a été officiellement classé comme excédentaire à ses besoins par le ministère de la Défense nationale, l’endroit n’est plus exploité par les Forces armées.
Entretemps, les gouvernements provinciaux qui se sont succédé ont démontré leur intérêt à intégrer l’endroit au parc national du Mont-Saint-Bruno.
