Chacun son niveau d’intervention

Services de police

Le Service de police de l’agglomération de Longueuil ne possède pas sa propre escouade en cas d’incident chimique, biologique, radiologique, nucléaire et explosif. La Régie intermunicipale de police Richelieu – Saint-Laurent non plus d’ailleurs.  

C’est ce que le journal Les Versants a appris à la suite de la perquisition qui s’est déroulée la semaine dernière sur le boulevard Vauquelin, à Saint-Hubert.

L’opération avait été orchestrée par la police fédérale américaine (FBI), la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et les Forces armées canadiennes afin de mettre la main sur Pascale Ferrier, la femme qui a acheminé une lettre contenant de la ricine au président américain Donald Trump. C’est à la demande de la GRC que le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) s’était déplacé sur les lieux de l’événement.

C’est l’unité d’intervention en cas d’incident chimique, biologique, radiologique, nucléaire et explosif [CBRNE] de la GRC qui a dirigé l’opération. Puis une équipe spécialisée des Forces armées canadiennes formée pour faire face à des attaques chimiques et bactériologiques a aussi prêté main-forte dans l’affaire.

Ni le SPAL ni la Régie intermunicipale de police Richelieu – Saint-Laurent ne sont équipés pour affronter de telles menaces. « Mais nous travaillons en étroite collaboration et en partenariat avec la Sûreté du Québec et l’armée ou autres organisations selon la situation », nous répond l’agente relationniste de la section communications et relations médias du SPAL, Mélanie Mercille.

« Quand l’événement dépasse notre niveau de service, on va vers un autre corps policer, par exemple la Surêté du Québec. » – Jean-Pierre Voutsinos

Puis le sergent sociocommunautaire de la Régie de police, Jean-Luc Tremblay, confirme aussi le même constat : « Compte tenu de notre niveau de service policier, nous n’avons pas d’équipe spécialisée pour ce type d’intervention. Si nous devions avoir besoin de ce type de ressources, nous demanderions assistance à la Sureté du Québec. »

La raison pour laquelle les deux corps policiers du territoire que couvre le journal ne sont pas outillés pour faire face à certaines menaces est simple. Les instances policières sont régies par niveau de service.

Le niveau 3 du SPAL

Le SPAL se classe au niveau de service 3, soit pour desservir une population de 250 000 à 499 999 citoyens. Ce niveau comprend divers services, notamment enquêtes pour meurtres, enlèvement avec risques pour la vie, accident d’aéronef mortel, pornographie juvénile et proxénétisme, décès ou lésions corporelles menaçant la vie d’un enfant de moins de 3 ans; ainsi que le déploiement de mesures d’urgence pour intervention impliquant une personne barricadée et armée sans coup de feu et sans otage; puis les services de soutien pour filature, extraction de banques de données informatiques, infiltration, groupe d’intervention… Le niveau 3 comprend aussi les services des niveaux 1 et 2. « Quand l’événement dépasse notre niveau de service, on va vers un autre corps policer, par exemple la Surêté du Québec, explique le relationniste section communications et relations médias du SPAL, Jean-Pierre Voutsinos. La SQ est à un autre niveau que le SPAL. »

M. Voutsinos évoque comme exemple une prise d’otages dans une banque, un événement qui est déjà survenu sur le territoire du SPAL par le passé. « Nous avons les habiletés et la formation pour agir lors d’une prise d’otages, mais ça ne nous appartient pas. Nos policiers peuvent être déployés à la banque. Si sur place, on constate qu’il y a des otages, on contacte la SQ. En attendant son arrivée, si ça dégénère ou s’il y a des vies en danger, le SPAL peut s’interposer, mais sinon, si ça demeure stable, on peut installer un périmètre de sécurité extérieur. La SQ possède un groupe tactique d’intervention et davantage d’outils, comme un blindé, pour intervenir. Ils ont l’expertise pour le faire. »

Le niveau 2 de la Régie de police

Quant à la Régie de police Richelieu – Saint-Laurent, il s’agit du plus grand service policier de niveau 2 au Québec. Son territoire de 730 km² comprend plus de 210 000 de population. Ce niveau se consacre aux populations de 100 000 à 249 999 habitants ou moins. Elle comprend, en plus des services de niveau 1, quelques autres services, comme enquêtes pour meurtre avec arrestation imminente, négligence criminelle ayant causé la mort, tentative de meurtre, accident de travail mortel, incendies en série, incendie majeur d’édifices commerciaux, industriels, institutionnels, gouvernementaux et communautaires, fraude commerciale et immobilière, loterie illégale; de même que le déploiement de mesures d’urgence pour le contrôle de foule avec risque d’agitation; puis les services de soutien dans la conception d’un portrait-robot par ordinateur, dans l’identification de véhicules, dans la reconstitution de scène de collision…