Bébé à tout prix
L’attente dans les cliniques de fertilité est de plus en plus longue. Certaines femmes se tournent vers d’autres moyens pour réaliser leur rêve d’avoir un enfant.
Le groupe Facebook « Donneur de sperme et mère porteuse au Québec »
est utilisé dans le but de trouver un donneur. On peut y voir passer des publications d’hommes qui offrent leurs « services ». La plupart de ceux-ci se décrivent physiquement et expliquent leur parcours professionnel ou personnel. Des femmes écrivent dans la section
« commentaires » si elles sont intéressées par un donneur en particulier. « C’est un groupe pour permettre aux femmes d’avoir un enfant. Les procédés en clinique sont extrêmement longs avec des donneurs complètement anonymes. Des membres ont réussi à avoir un enfant via le groupe. Elles ont pu rencontrer le donneur et avoir un enfant gratuitement sans avoir une relation sexuelle avec un étranger », explique Cynthia Dymarski, administratrice du groupe.
Elle a affirmé qu’en trois ou quatre ans en tant qu’administratrice, une centaine d’enfants sont nés grâce à ce groupe Facebook. Une Grandbasiloise et plusieurs Julievilloises ont réussi à trouver un donneur grâce à ce groupe. Toutefois, elles n’ont pas voulu répondre davantage à nos questions à la suite du reportage diffusé par J.E., qui aurait donné une mauvaise image à ce genre de groupe et à ses membres.
Comment ça fonctionne?
Une fois que le donneur est trouvé, il est impératif que celui-ci fasse le don le jour même de l’ovulation de la femme qui reçoit, puisque la durée de vie des spermatozoïdes est généralement de deux jours. Quand la femme accepte le don, elle procède à l’insémination par elle-même de façon « artisanale ». À l’aide d’un genre de pipette, elle « injecte » le sperme dans l’utérus. Il n’y a aucun contact sexuel entre le donneur et la bénéficiaire.
» Des membres ont réussi à avoir un enfant via le groupe. Elles ont pu rencontrer le donneur et avoir un enfant gratuitement. »
– Cynthia Dymarski
Est-ce légal?
Quand on a demandé à l’administratrice si le groupe était légal, elle a répondu par l’affirmative. « Il n’y a pas d’échange d’argent. Dans certains pays, comme la France, c’est illégal, alors ça pousse les receveuses à avoir des relations sexuelles avec les donneurs pour rester en loi. » De plus, si une femme accepte le don d’un homme qui aurait menti sur sa santé, l’administratrice se soustrait à la responsabilité du groupe et des personnes qui le gèrent. « Nous ne sommes pas responsables du choix d’un donneur et l’on recommande fortement de demander des preuves de tests d’infections transmissibles sexuellement et par le sang
(ITSS) », a affirmé Cynthia Dymarski.
Selon le site Internet Éducaloi.qc.ca, il existe trois façons de procéder pour la procréation assistée. Premièrement, il y a la procréation médicalement assistée. Elle peut être pratiquée sous forme d’insémination artificielle en clinique. Deuxièmement, il y a la procréation assistée avec insémination « artisanale », qui consiste à avoir recours à un donneur de sperme et à en faire l’insémination de façon « artisanale » (à la maison). Troisièmement, la procréation « amicalement » assistée consiste à faire appel à une personne de l’entourage pour concevoir l’enfant par une relation sexuelle.
Selon la loi, le donneur de sperme ou la donneuse d’ovules ne peut revendiquer aucun droit sur l’enfant. Quelle que soit la méthode utilisée, il est recommandé de préparer un document signé. En effet, il peut être difficile, neuf mois ou des années plus tard, de prouver quelles étaient les intentions de chacun au moment de la conception. Toutefois, le site Internet ne parle pas de procédures judiciaires si le donneur (de sperme ou d’ovules) peut être amené en justice s’il omet de mentionner une ITSS ou autre maladie qui peut se transmettre génétiquement.
Par contre, selon la loi canadienne sur la procréation assistée, « il est interdit de distribuer, d’utiliser ou d’importer, à des fins de procréation assistée, ce qui suit : des spermatozoïdes obtenus d’un donneur et destinés à être utilisés par une personne de sexe féminin qui n’est ni l’épouse ni la conjointe de fait ni la partenaire sexuelle du donneur ». Donc, ce genre de groupe Facebook, où des femmes peuvent obtenir le don d’un homme qui leur est inconnu pour procéder à une insémination artisanale, est illégal.
