Après l’innovation, la commercialisation
Le safran de Stéphane Talbot à Saint-Basile-le-Grand
Stéphane Talbot, producteur de safran à Saint-Basile-le-Grand, a décidé cette année de passer de la phase de production à celle de la commercialisation. Le journal Les Versants l’a rencontré sur ses terres.
Le safran fleurit à Saint-Basile-le-Grand depuis quatre ans. « Je n’ai perdu quasiment aucun plan. Je suis arrivé cette année à ma phase de commercialisation », explique Stéphane Talbot, un résidant de Sainte-Julie qui cultive la plante à Saint-Basile-le-Grand.
Sur un demi-hectare, à la fin du mois de mai, toutes les tiges sont vertes et prêtes à donner l’une des épices les plus chères au monde. « La tige du safran reste verte toute l’année. En juin, les fleurs vont faner, en août, tout repousse et d’octobre jusqu’au gel, il faut venir tous les jours pour ramasser le pistil à la main », précise le propriétaire.
Le Julievillois, aidé par sa conjointe et ses enfants, attendait d’avoir suffisamment de fleurs de safran pour commercialiser sa production. « L’année 2015 sera charnière. Nous passons de la production à la commercialisation sur notre site Internet et auprès de différentes enseignes. Nous allons également vendre des bulbes de safran générés par ceux que nous avions plantés au début. »
Safran, truffes et sureau
Pacane à l’érable safranée, beurre clarifié parfumé au safran, confiture de poire vanillée parfumée au safran ou encore, pistil de safran pur vendu en demi-gramme, seront les premiers produits proposés par l’entreprise Le Clan. Cet ingénieur en génie électrique, fils de pépiniériste, est en phase de réussir son pari. C’est au moment où il devait être nommé professeur universitaire titulaire dans sa discipline qu’il décida de se lancer dans la culture du safran. « C’est en train de devenir ma seule activité. En 2014, j’ai quadruplé ma production par rapport à l’année d’avant. »
Achetée en 2011, la terre occupe au total une superficie de 26 hectares, dont 10 qui sont cultivables. La partie consacrée à la safranière est minime, et il reste de l’espace pour d’autres projets tout aussi étonnants pour une culture québécoise. Le nouvel intérêt du cultivateur d’espèces indigènes s’oriente désormais vers la baie de sureau et le noisetier truffier.
Le Clan
Le Clan, c’est le nom de l’entreprise familiale dans laquelle Stéphane Talbot a maintenant décidé de s’investir à l’année. Père de trois garçons, l’ingénieur de profession explique qu’il s’agit d’une marque de commerce, mais avant tout, Le Clan, c’est la famille et tous ses membres qui s’y impliquent. « Il y a effectivement un rapport à la famille. L’esprit familial est très engagé dans ce défi. Il y a eu beaucoup d’ampoules aux mains depuis nos débuts. Le Clan représente donc les liens que nous avons ensemble et le courage qui a été investi et qui le sera encore à l’avenir. »


