Agglomération de Longueuil : le SPAL en réaction face à la hausse de la violence chez les jeunes
Le SPAL a annoncé, le 2 février en conférence de presse, des mesures draconiennes afin de freiner les phénomènes de violence impliquant des jeunes sur son territoire.
En réponse à cette recrudescence marquée, le SPAL, le Centre de services scolaire Marie-Victorin (CSSMV) et la Maison des jeunes L’Escalier en mon temps, située à Brossard, ont annoncé une série de mesures à effet immédiat visant à « rétablir un climat sécuritaire » dans et autour des écoles.
« La montée de la violence chez les jeunes de notre territoire est éminemment préoccupante, a souligné Catherine Fournier, mairesse de Longueuil et présidente du Conseil d’agglomération de Longueuil en ouverture de la séance médiatique. Aujourd’hui, un crime violent sur cinq est commis par un jeune de 12 à 17 ans et l’on observe une augmentation de 42 % des infractions violentes impliquant des mineurs entre 2021 et 2025. »
Des mesures inédites
Pour Patrick Bélanger, directeur du SPAL, la solution passe impérativement par une action directe au sein même des établissements scolaires.
« Fort de ces constats, le SPAL fait de l’axe Jeunesse l’une de ses priorités organisationnelles pour 2026, déclare-t-il. Nous allons systématiquement assigner des duos de policiers dans et autour des écoles. Nous serons fermement et fortement visibles afin de prévenir ce genre de situations. »
Les interventions seront menées par des policiers, en uniforme et en civil, à l’intérieur et aux abords de certaines écoles.
Bien que le directeur n’ait pas précisé le nombre de policiers mobilisés, il a confirmé que les interventions se feront de manière systématique. « Une chose est certaine : nous aurons quotidiennement des policiers dédiés aux zones scolaires. »
Ces opérations se dérouleront en étroite collaboration avec les directions des écoles concernées lors des périodes jugées les plus critiques, soit l’entrée en classe, l’heure du dîner et la sortie des classes, et ce, pour une durée indéterminée.
Les modalités d’intervention ainsi que les pouvoirs policiers à l’intérieur des établissements restent toutefois à préciser. « Différentes solutions sont actuellement à l’étude avec nos partenaires des services scolaires et les directions d’école, ajoute Patrick Bélanger. Il y a également un cadre juridique qui doit être soigneusement évalué. »
Neuf écoles visées
Sans dévoiler les établissements concernés, pour des raisons de confidentialité et d’efficacité des interventions, le directeur indique qu’au moins neuf écoles, majoritairement secondaires, ont été ciblées sur le territoire. « Notre problématique actuelle concerne les 12 à 20 ans. Cela touche principalement les polyvalentes et les écoles secondaires, précise Patrick Bélanger. Ces écoles sont notamment situées à Longueuil, à Brossard et à Saint-Bruno. »
Un chiffre en hausse
Selon les données présentées, les crimes commis par des jeunes impliquant une arme ont augmenté de 64 % entre 2021 et 2025. Ces infractions comprennent notamment l’utilisation d’armes blanches, de poivre de Cayenne, d’imitations d’armes, d’armes à plomb et, dans certains cas, d’armes à feu.
Les jeunes âgés de 12 à 17 ans représenteraient 19 % des crimes violents recensés sur le territoire de l’agglomération. En 2025, pas moins de 144 mineurs, dont l’âge moyen est de 15 ans, ont été accusés d’une infraction contre la personne.
« Plusieurs incidents troublants sont survenus sur notre territoire au cours des derniers mois, rappelle Patrick Bélanger. L’un des plus récents s’est produit le 21 janvier dernier, près d’une école secondaire, à la fin des classes. »
Il fait ici référence à une agression par arme à feu perpétrée par un jeune homme de 18 ans, James Chak, survenue à Brossard. « Cet incident n’est malheureusement qu’un exemple parmi tant d’autres, mais il a été la goutte qui a fait déborder le vase. »
