Aéroport MET : Saint-Bruno s’oppose aux vols internationaux et transfrontaliers
Le conseil municipal de Saint-Bruno-de-Montarville s’oppose à l’ouverture aux vols internationaux et transfrontaliers de MET – aéroport métropolitain de Montréal, à Saint-Hubert.
« Nous sommes contre ça. Saint-Bruno se range du côté de l’aéroport Montréal – Trudeau », affirme en entrevue le maire, Ludovic Grisé Farand.
Étude du Bureau de la concurrence
Ce dernier commentait l’étude de marché sur l’industrie du transport aérien au pays publiée le 19 juin par le Bureau de la concurrence du Canada. Le document, dont le titre est Prêt pour le décollage : renforcer la concurrence dans le transport aérien, fait état de plusieurs recommandations, dont celle de mettre fin au monopole de l’aéroport Montréal-Trudeau sur les vols internationaux.
« Ce sont des recommandations qui ont été faites par le Bureau de la concurrence, mais sans égards aux impacts sociaux, environnementaux, et ne tenant pas compte des collectivités riveraines. Le Bureau a évalué l’enjeu monétaire uniquement, le prix des billets, alors qu’il y a d’autres variables à considérer », plaide M. Grisé Farand.
Ainsi, le Bureau de la concurrence recommande au gouvernement du Canada de permettre des vols internationaux et transfrontaliers à partir de l’aéroport MET « dans un souci de concurrence tarifaire ». Ce à quoi le conseil municipal de Saint-Bruno s’est opposé jeudi dernier en séance du conseil.
Au journal, le premier magistrat reconnaît que l’aéroport Montréal – Trudeau « a besoin d’amour » et qu’il doit encore faire sa place à l’international. « C’est un aéroport avec beaucoup de lacunes, l’un des seuls qui n’a même pas de transport structurant. C’est une aberration! Avant de penser faire des vols internationaux ailleurs, faudrait peut-être commencer par se doter d’un aéroport provincial qui est à la hauteur. Actuellement, ce n’est pas le cas », précise Ludovic Grisé Farand.
Il rappelle qu’aucune étude d’empreinte environnementale n’a été prise en compte et qu’il n’y a pas non plus de transport structurant pour aller à MET. « C’est prématuré de parler de vols internationaux. »
Le conseil municipal demande donc au gouvernement du Canada et à Transports Canada de rejeter la recommandation du Bureau de la concurrence et de réaffirmer la centralité et l’unicité de l’aéroport Montréal-Trudeau comme porte d’entrée internationale de tous les pays étrangers sans exception pour les vols commerciaux passagers de la région métropolitaine.
Des copies de la résolution ont été transmises à plusieurs personnes, dont la ministre des Transports Chrystia Freeland, le président-directeur général d’Aéroports de Montréal, Yves Beauchamp, le président-directeur général de MET, Yanic Roy, la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, la députée de Montarville, Nathalie Roy, la ministre responsable de la Montérégie, Suzanne Roy, les maires de Sainte-Julie et de Saint-Basile-le-Grand… « On transmet la résolution à la terre entière », illustre Ludovic Grisé Farand.
La demande de Vincent Fortier
Le conseiller municipal du district 2 – Des aviateurs, Vincent Fortier, s’est adressé au maire à propos de ce dossier. « Je vous invite à augmenter la pression d’une autre coche en demandant une rencontre. Il n’y a rien de plus efficace que les contacts humains pour se faire comprendre et accélérer. Une rencontre avec la santé publique et interpeller le politique de haut niveau publiquement avec tous les gens dans la région qui ont les mêmes préoccupations », propose l’un des élus de l’opposition à Saint-Bruno.
« Nous sommes contre ça. » – Ludovic Grisé Farand
M. Fortier a ensuite parlé de responsabilités. « Le jour où il y aura beaucoup d’avions au-dessus de nous, que les citoyens vont se plaindre, je ne pense pas que le conseil municipal de Saint-Bruno pourra être tenu pour responsable du résultat. Mais nous sommes toujours tenus responsables des moyens que nous prenons pour atteindre nos objectifs. C’est l’important dans ce dossier, surtout que c’est un dossier dont Saint-Bruno ne contrôle pas toutes les ficelles. C’est bien, les résolutions, mais je pense qu’il faut maintenant augmenter la pression politique. Je vous laisse ça entre les mains, cher maire! »
En séance, le premier magistrat n’a ni commenté ni répondu à l’intervention de M. Fortier. Il a poursuivi avec la résolution suivante. Notons qu’en avril, Saint-Bruno s’était opposée à l’expansion des activités aéroportuaires à MET en l’absence de mesures de mitigation et d’engagements quant à la limitation des nuisances.
