91-93 Rabastalière: deux organismes appuient la conservation

La locataire est désormais appuyée par des organismes de conservation du patrimoine dans sa lutte pour la préservation de sa résidence située au 91 chemin de la Rabastalière.

La locataire du 91 Rabastalière, Beatriz Luna, peut désormais compter sur l’appui de l’association Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec (APMAQ) et de la Fédération Histoire Québec (FHQ). Louis Tremblay, président du premier organisme et Clément Locat, président du comité patrimoine du deuxième organisme, ont coécrit une lettre qu’ils ont envoyée aux élus de Saint-Bruno. Elle appuie la décision du comité de démolition de refuser d’accorder un permis à M. O’Dowd pour son projet de logements. 

Pour MM. Tremblay et Locat, « détruire une maison de 70 ans de bonne qualité architecturale, en excellent état, représente une perte pour le milieu. » Or, la firme de consultants spécialisée en patrimoine Patri-Arch, a publié un rapport dans lequel elle recommande de garder le bâtiment, mais dit également que « si jamais la démolition est inévitable, cela ne constituerait tout de même pas une perte patrimoniale majeure pour la ville de Saint-Bruno-de-Montarville qui possède des bâtiments de beaucoup plus grande importance sur le plan historique et architectural. »

En lien avec ce rapport de la firme en architecture, M. Locat indique ne pas pouvoir « dire le contraire de Patri-Arch. C’est cependant une maison qui intéressante, qui contribue à l’attrait patrimonial du milieu. » Il ajoute que « si on construit un premier projet, qu’est-ce qui empêche qu’il y en ait d’autres? » La Rabastalière pourrait donc finir par perdre d’autres immeubles anciens aux mains de promoteurs qui voudraient y réaliser des projets.

« Si on construit un premier projet, qu’est-ce qui empêche qu’il y en ait d’autres? »

-Clément Locat

Pour la préservation

De son côté, M. Morin a pris la décision de distribuer, avec un chariot sur lequel se trouvent des affiches, des pamphlets aux citoyens qui habitent Saint-Bruno. L’objectif derrière cette distribution est d’assurer que la population soit informée à propos du projet de démolition, mais également qu’elle soit conscientisée à la conservation du patrimoine montarvillois ainsi qu’à la sauvegarde des espaces verts.

Il ajoute que la « pétition avance à train accéléré depuis le début du porte-à-porte et je suis à chaque jour étonné de la préoccupation des citoyens et de l’accueil chaleureux  que plusieurs d’eux me réservent. » Au moment d’écrire ces lignes, 300 personnes avaient signé cette pétition. 

 « Ça avance avec la ville » 

Selon les informations du promoteur, les démarches avanceraient bien avec Saint-Bruno. Du côté de la municipalité, les informations sont similaires, indiquant que des compromis ont été faits du côté du promoteur et que ceux-ci ont permis de trouver des terrains d’entente sur plusieurs sujets.

Besoin urgent de logements

La pandémie de COVID-19 tire à sa fin et certains citoyens ont eu de la difficulté durant cette période à trouver un endroit pour se loger. Les prix des logements ont eu beau augmenter, le taux d’inoccupation frôle désormais les 0% dans la municipalité. 

Des logements de type abordables sont identifiés comme étant des habitations qui sont louées à un prix qui est inférieur de 10% à la moyenne des prix des logements de la région. Ainsi, ce type de classification ne signifie pas que le logement sera loué à un prix choisi selon le revenu, mais à une valeur inférieure au marché locatif de la région.  

S’il estime que de vouloir construire des logements abordables est louable, Clément Locat croit cependant que le cœur du village de Saint-Bruno n’est pas l’endroit où cela devrait se faire. Il craint que le Chemin de la Rabastalière ne finisse par devenir une « rue de banlieue nouvelle. »