Éducation : des directions d’école prudentes
Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, recule devant le mécontentement de la population et injecte une somme de 540 M$ dans le réseau de l’éducation. Des directions d’école et le Centre de services scolaire des Patriotes réagissent.
« Pour le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP), c’est une somme de près de 15 millions de dollars qui nous parviendra sous la forme d’une nouvelle mesure », répond l’équipe des communications du CSSP.
Les directeurs généraux des CSS ont été rencontrés dans la semaine du 14 juillet. « Selon ces nouvelles données, nous devons prévoir une réduction budgétaire de 1,5 M$ en 2025-2026, qui s’ajoute aux restrictions de décembre », note le CSSP, qui se dit confiant de pouvoir maintenir le service direct à l’élève pour la prochaine année scolaire.
Écoles privées
« Le ministre veut injecter 540 millions de dollars, après avoir annoncé une réduction de 570 M$. On parle donc d’une coupe dans le budget de l’éducation de 30 M$, finalement », exprime le directeur général du Collège Trinité, Jean-François Guay.
Rappelons que le 12 juin, le ministère de l’Éducation a exigé des restrictions budgétaires de l’ordre de 570 millions de dollars aux écoles publiques et privées. L’annonce a été effectuée une dizaine de jours avant la fin du calendrier scolaire.
Depuis, une pétition qui demande de ne pas procéder à des restrictions budgétaires en éducation a fait son apparition sur le site de l’Assemblée nationale. Plus de 158 300 personnes l’ont déjà signée. Un mois après la première annonce, M. Drainville revient sur sa décision et recule. Il évoque aujourd’hui l’ajout de 540 M$ dans le réseau de l’éducation.
En juin, le Collège Trinité avait été avisé que ses subventions gouvernementales seraient réduites d’environ 475 $ par étudiant pour la prochaine année scolaire. Soit l’équivalent de quelque 386 000 $. Le calcul est basé sur 817 étudiants. « Selon les cibles que le ministre veut maintenant, il est prématuré de conclure, puisque ce n’est pas très clair. Au lieu de coupes à 100 %, on parlerait d’une réduction de 45 % pour le Collège Trinité, du moins à première vue », hasarde M. Guay.
Académie des Sacrés-Coeurs
« Cette annonce est bienvenue, dans un contexte budgétaire exigeant. Nous saluons la reconnaissance qu’elle exprime envers le travail des écoles », réagit quant à elle la directrice générale de l’Académie des Sacrés-Coeurs, Pascale Hyppolite.
Mais elle déplore le fait qu’il s’agit d’un soutien « non récurrent, assorti de conditions, qui ne modifie pas les enjeux structurels », auxquels font face des établissements scolaires comme l’Académie des Sacrés-Coeurs.
Une hausse de la facture?
Compte tenu de cette situation de restrictions budgétaires, l’Académie des Sacrés-Coeurs essaie de protéger les services directs aux élèves. Pour le Collège Trinité, réduire les services aux élèves « n’est pas une option ».
En juin, Pascale Hyppolite et Jean-François Guay évoquaient donc la forte chance de refiler la facture aux parents. Entre 200 $ et 250 $ de plus pour ceux de l’Académie des Sacrés-Coeurs, selon la confirmation des budgets à la mi-juillet.
« Tout porte à croire qu’il y aura une hausse aux parents, confirmait alors M. Guay. Mais nous allons gratter nos fonds de tiroir avant de charger, sans pour autant pelleter nos tas de terre vers l’avant. »
Qu’en est-il maintenant? « S’il y a une augmentation, elle sera moindre que celle prévue après la première annonce. Au pis aller, on parlerait de 180 $ à 200 $ de plus plutôt que 450 $. Une chose est sûre, nous ne refilerons pas toute la facture aux parents », soutient Jean-François Guay.
De son côté, Pascale Hyppolite s’abstient de répondre à notre question à propos d’une facture plus élevée envoyée aux parents.
« Par respect pour nos familles, nous souhaitons les informer en priorité des implications concrètes de la situation. »
À l’Académie des Sacrés-Coeurs, l’annonce ministérielle a été prise en compte dans les réflexions.
« Nous la recevons comme un soutien ponctuel, certes bienvenu, mais d’une portée limitée, tant par son montant que par son caractère non récurrent à ce jour », affirme Mme Hyppolite.
La directrice générale de l’école primaire privée de Saint-Bruno-de-Montarville indique qu’elle demeure attentive à toute évolution ou clarification de la part du ministère. « C’est dans ce contexte global que s’inscrit le travail entamé avec nos équipes.
Un travail de fond qui ne se limite pas à une réaction immédiate, mais qui vise à assurer la qualité et la pérennité de notre mission éducative. Ce travail reste donc pleinement pertinent », dit-elle.
