50 % des ados insatisfaits de leur corps
En Montérégie, 56,3 % des jeunes du secondaire désirent perdent du poids. Pourtant 68,9 % d’entre eux affichent un poids normal.
Ces chiffres relèvent de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire menée en 2010-2011 et au cours de laquelle 5 700 étudiants de la Montérégie ont été consultés. La majorité des spécialistes de la santé s’entendent pour dire que ces chiffres sont toujours similaires ou encore plus élevés en 2016.
« J’ai essayé à quelques reprises de me faire vomir après les repas. » – Andréanne, 17 ans
Chantal David, une travailleuse sociale qui compte plusieurs adolescents parmi sa clientèle, n’est pas surprise pas ces chiffres. « Très jeunes, les enfants sont confrontés à des images d’hommes et de femmes aux corps minces et musclés dans les magazines. Ils ont beau savoir que la majorité de ces images ont été travaillées, ils rêvent pas mal tous de ressembler à ces modèles irréels. »
Pendant des années, les problèmes concernant la satisfaction de l’apparence physique concernaient plus les femmes que les hommes. Toutefois, au fil des ans, les gars ont peaufiné leur image et souhaitent tous être musclés comme les hommes qui paraissent dans les magazines ou sur les écrans. « Ces garçons aussi veulent plaire et sont de plus en plus confrontés à cette problématique. »
Des jeunes se confient
Andréanne est âgée de 17 ans. Elle est très active et fait beaucoup de sport. Elle aime particulièrement la gymnastique. Elle n’a jamais eu de problèmes de poids. Toutefois, l’été dernier, alors qu’elle était en pause d’activités physiques, elle a pour la première fois pris quelques kilogrammes (4 kg environ). Elle avoue avoir été agacée par cela. Elle avait peur que cela paraisse dans ses maillots de gymnastique lorsqu’elle allait reprendre ses activités en septembre. « Cela me dérangeait tant que j’ai essayé à quelques reprises de me faire vomir après les repas. Je n’ai toutefois pas aimé faire cela et j’ai arrêté de le faire. »
De son côté, Marc-Antoine, 16 ans, a eu pendant quelques années quelques kilos en trop. Depuis un an, il a commencé à s’entraîner et à faire plus attention à ce qu’il mange. Aujourd’hui, il met beaucoup d’importance sur ses pectoraux et sur ce que les gens disent de son apparence. « Mon corps n’est pas encore assez sculpté à mon goût », prétend-il. De son côté Renaude, 17 ans, a toujours eu des problèmes de poids. D’origine haïtienne, l’étudiante soutient qu’elle n’a jamais aimé son corps. « J’ai souvent essayé de perdre du poids en suivant des régimes, mais je n’y arrive pas. »
Comment les aider?
Chantal David avoue entendre régulièrement ce type de témoignages dans son bureau. « Au cours de l’adolescence, les jeunes voient leur corps se transformer. Ils sont très vulnérables. La place du corps est importante. » Son but, dans ce genre de cas, est d’emmener les jeunes à apprécier leur image corporelle. « L’estime de soi est l’un des premiers éléments que je vais travailler avec eux. Il faut aussi faire en sorte que ces jeunes changent petit à petit leur langage intérieur pour qu’ils apprennent à s’accepter et à être réalistes face à eux-mêmes. »
Elle encourage également ses jeunes clients à pratiquer régulièrement des activités physiques. « Pas pour devenir des athlètes et nécessairement sculpter leurs corps. Juste pour qu’ils développent le plaisir d’avoir de saines habitudes de vie », conclut-elle.


