Un boisé des Hirondelles jusqu’à quand ?

Schéma d’aménagement de l’agglomération de Longueuil

Le Schéma d’aménagement de l’agglomération de Longueuil a été adopté le 27 avril en séance extraordinaire du conseil de l’agglomération de Longueuil.
Seul Martin Murray, le maire de Saint-Bruno, a voté contre, n’acceptant pas que ce schéma ne caractérise pas le boisé des Hirondelles comme un espace naturel protégé de manière permanente. M. Murray espère maintenant que le ministre de l’Environnement « prendra ses responsabilités » pour donner une protection définitive au boisé. « C’est lui qui aura le dernier mot », précise-t-il. Marilou Alarie, conseillère de Saint-Bruno, responsable à l’urbanisme, se veut confiante. « On est en train de tester nos lois au Québec. Si on n’est pas capables de les respecter, alors il ne reste plus qu’à les déchirer. » En effet, le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a officiellement exigé que le projet domiciliaire La Futaie, projet du sénateur Paul J. Massicotte dans le boisé des Hirondelles, soit soumis à l’article 19 de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. La mesure vise à protéger une plante rare menacée de disparition, le ginseng à cinq folioles.
« Il est incompréhensible de constater que l’agglomération de Longueuil ne priorise pas un tel écosystème et lui attribue une mention de documentation incomplète. En assujettissant le boisé des Hirondelles à la Loi sur la conservation du patrimoine naturel, le gouvernement du Québec a pourtant démontré l’importance écologique de ce milieu. Alors, comment justifier que ce gouvernement reconnaît la très grande valeur écologique du boisé des Hirondelles, alors que l’agglomération de Longueuil juge que ce milieu reste à caractériser ? », a demandé M. Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville.

« On est en train de tester nos lois au Québec. Si on n’est pas capables de les respecter, alors il ne reste plus qu’à les déchirer. » -Marilou Alarie

Protéger sans exproprier
La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville réfute toute proposition d’expropriation concernant le boisé des Hirondelles. « Les promoteurs immobiliers ont acquis ce terrain, sachant fort bien qu’il était adjacent au parc national du Mont-Saint-Bruno, un site reconnu pour sa grande valeur écologique. Ce faisant, ils ont pris un risque quant à l’imposition d’une réglementation environnementale stricte sur l’utilisation dudit terrain », précise la Ville.
« Les Montarvillois ne doivent pas faire les frais de l’aveuglement volontaire des promoteurs immobiliers quant au caractère environnemental et biologique du boisé. Nul n’est censé ignorer la loi est un principe de base de notre société de droit. Maintenant, laissons les lois environnementales faire leur travail et imposer des restrictions permanentes sur le boisé », a mentionné dans un communiqué le maire de Saint-Bruno-de-Montarville.
Position de l’agglomération
Pour Caroline St-Hilaire, qui n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes après la séance, la consigne avait aussi été donnée à l’ensemble des élus de la Ville de Longueuil, « le boisé des Hirondelles est protégé tant et aussi longtemps que la Ville de Saint-Bruno n’aura pas statué localement sur sa protection définitive ». « Je me demande encore pourquoi Saint-Bruno ne souhaite pas tout simplement protéger cet espace pour sa communauté. Je me pose encore la question », a indiqué Mme St-Hilaire au micro lors de son intervention au conseil.
L’Alliance municipale, le parti d’opposition à Saint-Bruno-de-Montarville, a demandé à Mme St-Hilaire, lors de la séance d’agglomération, de prendre en considération sa proposition qui consiste à protéger le boisé des Hirondelles en proposant au promoteur d’autres terres où un projet de SPA, aux flancs de la montagne, devrait se construire bientôt.