Des radars mobiles pollueurs

Sécurité routière

Le projet pilote de radars mobiles dans l’agglomération de Longueuil sont alimentés par un camion blanc qui fonctionne en permanence depuis octobre.
Chaque radar mobile de l’agglomération de Longueuil fonctionne 24 heures sur 24 grâce au courant généré par le moteur en marche d’une camionnette qui fonctionne, lui aussi, 24 heures sur 24. « Sur l’aspect environnemental, il y a des questions qui sont posées. Les outils que l’on a jusqu’à maintenant ne permettent pas d’aller dans le sens qu’on souhaiterait », explique Denis Desroches, directeur de Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL).
Ce mode de fonctionnement employé par le SPAL pour prévenir et sanctionner les excès de vitesse ne semble pas suivre le message adressé aux automobilistes de préserver l’environnement. En effet, une contravention est donnée dans toutes les villes de l’agglomération de Longueuil aux conducteurs qui laissent tourner au ralenti leur véhicule plus de 3 minutes. L’amende varie de 50 à 600 $ en cas de récidive.
L’agglomération de Longueuil explique même sur son site les dommages que provoque pour l’environnement un moteur qui tourne au ralenti. On peut y lire qu’« un véhicule qui tourne au ralenti pollue deux fois plus que lorsqu’il roule à 50 km/h; au cours d’une année, si les quelque 129 000 conducteurs qui circulent sur le territoire de Longueuil diminuaient de 5 minutes par jour leur marche au ralenti, nous pourrions économiser 4,9 millions de litres de carburant, 4,9 millions de dollars si l’essence coûtait 1 $ le litre, nous pourrions aussi réduire de près de 12 millions de kilogrammes les émissions de gaz à effet de serre (GES), ce qui équivaudrait à retirer plus de 8 486 véhicules de la circulation, ou à planter 77 400 arbres pour absorber ces émissions de GES. »
Le système de radar mobile déroge bien évidemment à la sanction, mais quels seraient les bienfaits environnementaux de trouver une source d’énergie plus verte? Difficile à dire, mais à en croire les chiffres du site de l’agglomération de Longueuil, on peut imaginer facilement l’importance de cette pollution.
C’est dans le cadre d’un projet-pilote du ministère des Transports du Québec (MTQ) que le gouvernement Charest a demandé aux municipalités de réglementer la marche au ralenti des moteurs de véhicules. Ainsi, les conducteurs qui laisseront tourner leur moteur plus de trois minutes risquent d’avoir une contravention. Le programme d’aide financière fait partie de la stratégie québécoise de lutte contre les changements climatiques. Avec une enveloppe globale de 4 millions de dollars, le gouvernement encourage les municipalités à réaliser une campagne de sensibilisation auprès des citoyens et à installer des panneaux de signalisation. Ces fonds équivalent à 70 % des coûts encourus par les municipalités.

« On a une grande sensibilisation à l’environnement, mais on a une limite, il faut qu’on fasse notre travail. » -Denis Desroches

Une police plus verte?
Malgré des radars mobiles très polluants, le SPAL explique faire un effort environnemental  au sein de la police. « Aujourd’hui, dans notre flotte, nos autos-patrouilles consomment 30 % de moins de carburant. Pour le renouvellement de la flotte, on est allés vers des 6 cylindres plutôt que des 8. On a choisi des véhicules moins énergivores. On le voit aussi sur notre consommation de carburant, on a eu des résultats intéressants. Tous les patrouilleurs et enquêteurs ont des véhicules hybrides. On a une grande sensibilisation à l’environnement, mais on a une limite, il faut qu’on fasse notre travail », indique M. Desroches.  Et la principale barrière à la mise en place de radar fixe, alimenté par un réseau électrique, semble être l’acceptation de l’opinion publique. «  Il faudrait l’accessibilité sociale pour mettre en place des équipements permanents à ces endroits. On ne cherche pas à générer des revenus, on cherche à améliorer le bilan routier. On a fait une analyse du bilan routier pour cibler les endroits les plus accidentogènes. Il y a tellement constamment des déviances qu’il faut prendre des mesures, mais on ne joue pas là à la cachette avec le citoyen, tous les radars sont bien indiqués. Il y a de grandes campagnes de signalisation. Quand le projet sera fini, on regardera le résultat », de conclure le directeur de la police de l’agglomération de Longueuil.
En attendant, le radar mobile installé sur la route 116 à Saint-Bruno-de-Montarville crépite. Depuis le 19 octobre, date de la mise en place du projet-pilote, 262 constats d’infractions ont été signifiés pour un montant de 23 061 $ à Saint-Bruno. Ce résultat est sans compter les problèmes techniques rencontrés au cours de la période ou les infractions constatées ne pouvaient pas être traitées.
Trois minutes pour l’environnement
C’est dans le cadre d’un projet-pilote du ministère des Transports du Québec (MTQ) que le gouvernement Charest a demandé aux municipalités de réglementer la marche au ralenti des moteurs de véhicules. Ainsi, les conducteurs qui laisseront tourner leur moteur plus de trois minutes risquent d’avoir une contravention. Le programme d’aide financière fait partie de la stratégie québécoise de lutte contre les changements climatiques. Avec une enveloppe globale de 4 millions de dollars, le gouvernement encourage les municipalités à réaliser une campagne de sensibilisation auprès des citoyens et à installer des panneaux de signalisation. Ces fonds équivalent à 70 % des coûts encourus par les municipalités.