100% femme et pompière
Geneviève Poulin
Geneviève Poulin est la seule femme à la caserne 14 à Saint-Bruno-de-Montarville. Dans l’agglomération de Longueuil, qui compte près de 300 pompiers, elles ne sont que deux à avoir embrassé une profession encore très masculine.
Geneviève Poulin, à 35 ans, a deux garçons de trois ans et un an et demi, porte des boucles d’oreilles et après un baccalauréat en kinésiologie, est devenue pompière. Elle avait besoin d’un « métier d’équipe qui bouge ».
À 26 ans, elle intègre une école de pompiers avec cinq autres futures pompières au milieu de 150 élèves. « Aujourd’hui, les filles sont une à deux par année au sein des écoles de pompiers. Cela m’importe peu qu’on me dise que je suis un pompier ou une pompière. Peut-être qu’il faudrait dire plus systématiquement d’une femme dans le métier qu’elle est pompière pour en attirer plus ?»
La jeune maman a maintenant neuf ans d’expérience dans une profession qui attire beaucoup plus d’hommes. Deux femmes sont employées à temps plein au Service de sécurité incendie. Elles cohabitent avec les 300 hommes présents dans les 11 casernes de la circonscription.
À Saint-Bruno-de-Montarville, là où elle réside, Geneviève évolue de jour comme de nuit avec ses quatre collègues pompiers masculins. « Nous avons des douches, une salle de bain, des vestiaires individuels. Rien ne m’est inadapté. Nous avons tous le même degré d’intimité, comme dans la vraie vie. » Elle n’a jamais ressenti de malaise ou de favoritisme associés à son sexe, si ce n’est à son arrivée dans les lieux. « Mes collègues avaient décoré une salle de bain en rose et mis des cadres pour décorer la caserne. Ils se sont trouvés drôles. »
Travail d’équipe
La jeune femme est affûtée, prête physiquement à sauter dans son habit de pompière pour accomplir les mêmes tâches que ses collègues masculins. « Je n’aurai jamais la force brute de mes collègues, mais j’ai une façon d’attaquer les problèmes qui font que nous sommes complémentaires. On travaille en équipe. On se connaît, on est là pour se soutenir et se compléter. Nous agissons quasiment tout le temps à deux. Je vois mes collègues autant que ma famille. »
Les horaires de travail sont connus très longtemps à l’avance et la pompière peut ainsi organiser sa vie avec son conjoint. « Une semaine par mois, je ne vois pas mon enfant qui est à la garderie, j’ai des horaires de nuit, mais tout est prévisible et il est facile de s’organiser avec mon conjoint, qui a un travail plus régulier de jour. »
La pompière comprend que certaines de ses collègues puissent vivre des situations plus difficiles qu’elle, dans des casernes plus peuplées, en moins bon état, avec plus de stress. « Moi, je ne vis pas dans ces conditions ici. »
Suspendue aux appels d’urgence résonnant dans la caserne toutes les 10 minutes, la jeune femme prépare son concours d’opérateur d’échelle, ce qui lui permettra de conduire les deux camions de la caserne 14.
« Il faut avoir un bon sens de la répartie, il faut vouloir travailler en équipe. C’est un très beau métier.» Quand on lui demande si elle conseillerait à ses amies de devenir pompières, elle n’hésite pas une seconde à répondre oui. « Cela dépend bien évidemment de ce que l’on recherche dans la vie. En tous les cas, elles auront la satisfaction de la tâche accomplie, trouveront un esprit de famille et de camaraderie qui sera difficile à accoter. »


