Les jeux d’évasion toujours fermés

Par Gabriel Provost
Les jeux d’évasion toujours fermés
Le centre de jeux d’évasion La Clef de l’Énigme est toujours fermé aux Promenades Saint-Bruno. (Photo: Gabriel Provost)

Pour l’instant, les jeux d’évasion à travers la province ne sont toujours pas ouverts, sauf en zone jaune. La réalité est donc l’inverse de ce qu’elle a été à la fin de l’année 2020. 

À la Clef de l’Énigme, établissement qui était situé à Sainte-Julie lors de sa création et qui a depuis déménagé aux Promenades Saint-Bruno, les évasions ont cessé au mois de décembre dernier. Le propriétaire de l’endroit, Jean Hébert, comptait 16 employés avant la pandémie de COVID-19. « Il ne reste plus qu’un employé et moi maintenant », dit le propriétaire. « La fermeture n’a aucun sens. 

Les gyms et les théâtres peuvent rouvrir, mais pas nous. » Il espère recevoir la nouvelle avec un peu d’avance lorsque les autorités gouvernementales choisiront de rouvrir les établissements comme le sien. « On est toujours prêts à ouvrir, mais il faudrait que l’on soit avertis d’avance pour se préparer et embaucher du personnel. »

D’ici la réouverture, M. Hébert a créé un système de cubes d’évasion, qui se louent et qui sont faits pour être ouverts à la maison. « Jusqu’à maintenant, on a deux cubes de créés et on est en train de travailler pour sortir le troisième prochainement. » Bien que cette alternative amène un certain revenu pour son entreprise et quelques nouveaux clients, le propriétaire mentionne que « ça ne paie pas le loyer. »

Ce cube a été créé par Jean Hébert pour que les clients puissent profiter des jeux d’évasion différemment et à la maison. (Photo: courtoisie)

M. Hébert ne s’explique pas la fermeture de son établissement, notamment parce que les visiteurs sont obligés de provenir de la même bulle familiale et de réserver avant de se présenter pour s’échapper de l’une de ses salles. Les visiteurs y sont d’ailleurs enfermés, donc coupés de tout contact avec des gens d’autres bulles. Lors des déplacements et dans les  salles elles-mêmes, les clients doivent également porter un masque, ce qui réduit davantage le risque de propagation du virus. 

Le monde à l’envers

Durant les derniers mois de l’année 2020, la situation était complètement à l’inverse de ce qu’elle est actuellement pour les propriétaires de jeux d’évasion. L’annonce de François Legault du 28 septembre comme quoi le Québec entrait dans la deuxième vague de la pandémie de COVID-19 ne citait pas clairement les centres de jeux d’évasion comme devant fermer. 

L’Association des jeux d’évasion du Québec, qui regroupe les établissements à travers le Québec, a donc demandé des clarifications aux autorités de santé publique, qui n’a répondu qu’à la mi-novembre. Avec cette nouvelle directive, les centres de jeux d’évasion, qui n’avaient jusque-là pas été clairement nommés comme faisant partie des lieux qui devaient fermer, étaient autorisés à rouvrir. Cette nouvelle directive impliquait donc que les centres de jeux d’évasion auraient pu ouvrir malgré les annonces du 28 septembre. 

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C’est le nombre d’employés restants à la Clef de l’énigme, avec le propriétaire de l’établissement.

Selon Emmanuel de Gouvello, qui est propriétaire de l’établissement Échappe-toi Montréal et également président de l’Association des Jeux d’Évasion du Québec, vis-à-vis les « directives qui manquaient de clarté de la part du gouvernement » plusieurs des membres de son association ont alors pris la décision de garder leurs centres fermés.  M. de Gouvello s’attendait à ce que les jeux d’évasion puissent ouvrir pour la semaine de relâche, ce qui n’a pas été le cas. « Avec des activités contrôlées, la propagation se ferait peut-être moins que si les gens se voient illégalement chez eux, dans des bulles différentes et sans mesures pour contrer le risque. Les centres qui ont tenté d’ouvrir pendant la relâche ont reçu la visite des policiers. »

Une industrie en danger

À travers le Québec, l’Association des Jeux d’Évasion comptait 82 membres et 1500 salariés. Emmanuel de Gouvello souligne cependant que « 10% des membres ont dû fermer indéfiniment et d’autres risquent de devoir le faire sous peu. » Jean Hébert indique de son côté que de perdre la relâche a fait très mal dans cette industrie où le congé du printemps représente « la semaine la plus importante de l’année. Si la Clef de l’Énigme n’ouvre pas cet été, c’est soit un emprunt, soit la fermeture. » 

Le président de l’Association qui représente les propriétaires abonde dans le même sens que M. Hébert. Il a déjà dû fermer un établissement à Laval et il se compte chanceux de pouvoir garder celui de Montréal prêt à ouvrir. « On ne demande pas d’argent, on veut seulement de la clarté car la loi n’est pas la même pour tout le monde », dit M. de Gouvello. 

Que pensez-vous de la gestion gouvernementale vis-à-vis les institutions culturelles?

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