Une demande forte chez les parents

Une demande forte chez les parents

Les cours de séxualités à l'école pourrait être donné à la rentrée prochaine.

Crédit photo : courtoisie

L’annonce du retour probable de l’éducation à la sexualité en milieu scolaire en septembre prochain est saluée par l’Association des sexologues du Québec (ASQ). Avant ce retour annoncé, la Commission scolaire des Patriotes propose une formation aux parents.

« Dans le cadre du retour possible des cours d’éducation sexuelle dans nos écoles, notre organisme a pris les grands moyens pour s’impliquer activement auprès des parents », explique Sylvain Gauthier, directeur général d’Émissaire, un organisme de la Rive-Sud qui prône une meilleure éducation sexuelle auprès des enfants et de leurs parents.

En collaboration avec la Commission scolaire des Patriotes (CSP), Émissaire, un groupe composé de sexologues, organisera en avril trois conférences pour les parents sur le thème « Le rôle des parents dans l’éducation à la sexualité des enfants ».

« Nous avons conçu des conférences pour les parents d’enfants et d’adolescents. Ces conférences ont pour but d’impliquer davantage les parents dans l’éducation à la sexualité de leurs enfants. Elles sont gratuites tant pour les commissions scolaires que pour les parents. C’est précisément cela qui en fait sa particularité », indique M. Gauthier.

En seulement quelques heures, toutes les places disponibles ont été réservées et les organisateurs pensent ajouter une quatrième conférence, car plusieurs parents semblent déçus de ne pas avoir pu s’y inscrire.

« Et pourquoi pas au Centre Marcel-Dulude à Saint-Bruno-de-Montarville? À l’égard de la sexualité, on est des analphabètes depuis toujours. Il y a plusieurs conséquences à ce manque d’éducation : des maladies sexuellement transmissibles, des grossesses non désirées, des violences sexuelles. Ces cours permettraient à tous de développer des relations égalitaires entre homme et femme, montrer que cela existe », ajoute M. Gauthier.

La CSP est la première commission scolaire à collaborer avec M. Gauthier pour présenter ces conférences gratuites. « Nous sommes en dialogue avec 11 commissions scolaires en Montérégie. Chaque établissement a reçu notre rapport d’activités, car nous souhaitons aussi travailler avec les écoles primaires. »

« Dans le cadre du retour possible des cours d’éducation sexuelle dans nos écoles, notre organisme a pris les grands moyens pour s’impliquer activement auprès des parents. » – Sylvain Gauthier

Association des sexologues du Québec

Le constat est le même pour l’Association des sexologues du Québec (ASQ), qui se sont félicités, aujourd’hui, d’un retour envisagé de l’éducation à la sexualité en milieu scolaire, avec un bémol cependant. « L’actualité ne manque pas de nous rappeler l’urgence d’offrir une éducation à la sexualité aux jeunes. Devant cet état de fait, la société québécoise ne peut se permettre d’exclure les seuls professionnels formés en la matière pour assurer ces apprentissages : les sexologues », met de l’avant l’association.

L’inquiétude de voir des enseignants plutôt que des sexologues enseigner cette matière délicate inquiète également M. Gauthier. « S’il y a une éducation sexuelle, on ne sait pas ce qui va se passer à l’école. Comment des enseignants qui ne sont pas des professionnels atteindront-ils leur objectif? Il faut que cela soit fait par des personnes compétentes. Si je veux placer de l’argent, je m’adresse à un conseiller financier. »

Émissaire

Émissaire est un organisme d’éducation et de promotion en matière de santé sexuelle. Il agit en répondant aux besoins de différentes populations au moyen de programmes d’éducation à la sexualité. L’organisme mobilise les acteurs-clés à s’unir et à prioriser des actions favorisant le développement d’une meilleure santé sexuelle.

Émissaire propose plusieurs programmes autant aux jeunes de 16 à 24 ans qu’à des personnes ayant des problèmes de toxicomanie, des femmes travailleuses du sexe, des femmes ayant vécu une agression sexuelle, des personnes vivant avec le VIH et leurs proches ou encore comme ici, des parents d’enfants et d’adolescents.