Comment Saint-Bruno traite l’intimidation

Comment Saint-Bruno traite l’intimidation

Plusieurs écoles de Saint-Bruno ont adapté et modifié le Plan d’action contre l’intimidation du ministère

Crédit photo : Marianne Julien

Intimidation

À la suite du suicide du jeune Simon Dufour, l’intimidation est redevenue le sujet de l’heure. Le journal Les Versants a fait le tour de quelques institutions scolaires de Saint-Bruno afin de constater les plans instaurés pour contrer cette problématique.

Le Collège Trinité de Saint-Bruno a décidé il y a quelques années de personnaliser le Plan d’action du ministère de l’Éducation. « Le plan du ministère est correct et rapporte des résultats, mais chaque école a sa particularité », affirme Josée Beaulieu, la directrice générale.

L’année dernière, l’école a collaboré avec la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif afin d’obtenir des connaissances et dresser le portrait de son milieu scolaire. En mai, élèves, enseignants et autres membres du personnel ont rempli un questionnaire sur l’intimidation dans leur école. « On sait qu’il y a de l’intimidation dans toutes les écoles, on ne se le cache pas, mais on prend les choses en main avant que ça ne se dégrade », de lancer la directrice.

Les réponses du questionnaire ont été éloquentes sur le portrait de l’intimidation au Collège Trinité. « On a appris qu’à notre école, l’intimidation a une prédominance verbale et se déroule en dehors des cours », relate-t-elle. La direction a donc ciblé ses interventions selon ces données et a sensibilisé tout le personnel. Les élèves et les parents ont été mis au courant des résultats et du nouveau plan.

« Les difficultés viennent des réseaux sociaux, où ça se passe plus le soir et les fins de semaine, mais on a à le gérer ici par la suite. » – Céline Chagnon

Depuis, l’implication de ceux-ci ont augmenté. « Il y a un large pan de la dynamique chez les jeunes qui nous échappe, comme dans le transport scolaire ou sur Internet », explique Josée Beaulieu. Elle raconte que les parents leur font plus part des discussions de leurs enfants si elles concernent des événements ou des personnes reliés à de l’intimidation.

Modélisation à l’Académie des Sacrés-Cœurs
Selon Evelyne Gosselin, directrice de l’Académie des Sacrés-Cœurs, au primaire il est encore tôt pour parler d’intimidation aux enfants, mais c’est le moment idéal pour leur inculquer des comportements positifs. « On a ajouté au Plan d’action du ministère un programme de mieux-vivre ensemble, parce qu’avec les tout-petits on va travailler en amont, divulgue-t-elle. On le fait en animation en classe et on préconise les comportements empathiques plutôt que de sévir. »

Le programme est adapté pour chacun des niveaux. En première année, les enfants apprennent le savoir-vivre, en deuxième la gestion des conflits, en troisième l’empathie et vers les derniers niveaux on parle d’intimidation. En cinquième et en sixième année, les élèves découvrent la cyberintimidation, le stress, etc.

Notamment l’année dernière, plusieurs parents d’enfants ont intenté un recours contre l’école parce que leurs enfants auraient été victimes d’intimidation; toutefois, la directrice n’a pu commenter, puisque l’affaire est toujours en médiation. Mais Evelyne Gosselin affirme que chaque année, le plan est révisé et bonifié.

Cette année, plusieurs bonifications ont été faites au plan : un technicien en éducation spécialisée (TES) a été ajouté et affecté à la cour d’école, en plus de Nathalie Bernard, également TES, qui est accompagnée de Hi-Fi, un chien formé en médiation animale. « On fait essentiellement de la modélisation, on apprend aux enfants comment bien se comporter et on essaie de les préparer pour le futur, le secondaire, afin d’éviter des situations d’intimidation », ajoute Evelyne Gosselin.

École secondaire du Mont-Bruno
Au-delà du plan ministériel , l’École secondaire du Mont-Bruno se démarque par sa volonté de briser l’isolement des élèves. Selon sa directrice, Céline Chagnon, il y a plusieurs activités pour mettre les élèves situation d’interaction avec des pairs et des organismes. Elles prennent la forme de bénévolat, d’espace de repas communautaires ou d’activités de groupe telles que la couture.

« On se dit que oui, il y a des activités de sensibilisation, que ce soit le passage du primaire au secondaire ou les différents organismes qui viennent faire des conférences, explique Céline Chagnon. Mais en même temps, on fait tout ce qu’on peut, à l’intérieur de l’école, pour briser l’isolement, ce qui permet aux jeunes de se sentir intégrés et leur donne la chance de parler aux adultes présents. »

À l’École secondaire du Mont-Bruno, l’intimidation se présente le plus souvent sous forme de cyberintimidation. « Dans nos rapports annuels, on a peu de situations issues de l’école, les difficultés viennent des réseaux sociaux, où ça se passe plus le soir et les fins de semaine, mais on a à le gérer ici par la suite », illustre la directrice.

C’est pourquoi, selon elle, les parents doivent prendre la responsabilité de parler à leurs enfants et communiquer avec l’école. « Dans toutes les situations, les parents font partie de la solution, l’importance de communiquer avec l’école est primordiale », conclut-elle.