Molson érigera une nouvelle usine à Longueuil

Molson érigera une nouvelle usine à Longueuil

Saint-Bruno était « presque dos à dos » avec Longueuil pour attirer Molson, dit le maire Martin Murray.

Crédit photo : Archives/Saïd Mahrady

« Très bonne nouvelle pour Longueuil, l’agglomération, la zone aéroportuaire et la Montérégie », se félicite, visiblement heureuse au bout du fil, la mairesse Sylvie Parent, alors que Molson Coors s’apprête finalement à déménager ses pénates à Longueuil.

Le brasseur est intéressé par un terrain totalisant environ 6 millions de pieds carrés et qui se trouve entre chemin de la Savane, la route 116 et la bâtisse de Postes Canada. « Le conseil municipal (réunion prévue le 5 décembre) devra adopter la résolution d’achat du terrain, après quoi l’entreprise devra procéder à une vérification diligente (détaillée de la transaction) de 60 jours », a précisé la mairesse, qui a toutefois refusé de divulguer le montant d’achat du terrain avant ladite réunion du conseil.

« Quand une grande compagnie comme Molson vient s’installer là où il y du terrain, ça devient un levier pour que d’autres se sentent intéressés. » – Sylvie Parent

Des retombées très intéressantes

Sylvie Parent se montre optimiste quant à « l’effet domino » d’une telle nouvelle. « Quand une grande compagnie comme Molson vient s’installer là où il y du terrain, ça devient un levier pour que d’autres se sentent intéressés », soutient la mairesse en ajoutant qu’il reste environ 4 millions de pieds carrés à développer.

Afin d’attirer cette brasserie d’envergure, Longueuil a dû consentir à un congé fiscal progressif de 100 % la première année, congé qui sera retiré au bout de la 5e année. Dit autrement, si l’on se fie à la déclaration de l’économiste René Vézina à Gravel le matin, le mercredi 29 novembre, Longueuil perdrait autour de 20 millions de dollars par an. « Le terrain appartient à la Ville, rappelle Sylvie Parent. Actuellement, il n’y a aucune source de taxation qui nous vient de ce terrain. Il y a évidemment la taxe de bienvenue et d’autres taxes plus tard, mais la façon dont il faut le voir, c’est à long terme. »

La mairesse affirme que les allégements fiscaux existent depuis 1999 au moment de la cession de l’aéroport par le gouvernement fédéral. Il faut préciser toutefois que le 19 septembre dernier, le conseil municipal de Longueuil avait « défini » de nouvelles modalités en adoptant un crédit de taxes d’une durée de cinq ans pour les entreprises qui s’installeront dans la zone aéroportuaire.

Longueuil s’attend à la construction d’une usine de « 138 à 140 millions de dollars. Elle va être là pour longtemps; un très bel investissement venant d’un partenaire très prestigieux qui peut utiliser notre aéroport, des employés qui vont dépenser chez nous, utiliser nos services ».

Un réservoir d’eau pour Saint-Bruno et la zone aéroportuaire

De toute évidence, Molson Coors aura besoin d’une grande quantité d’eau pour sa production de bière. La mairesse de Longueuil demeure rassurante à ce sujet : « Les demandes ponctuelles de Molson font partie de l’entente. Nos services disent qu’il n’y a pas de problème. »

La brasserie recevra de l’eau à partir du nouveau réservoir, dont le fonctionnement sera effectif en février. La mise en place de cette infrastructure figurait dans le Programme triennal d’immobilisation 2017-2019. À ce sujet, rappelons que le maire Martin Murray affirmait ceci dans un article publié par Les Versants dans son édition du 16 septembre 2015: « Avec ce que nous avons au chapitre des entrées d’eau à Saint-Bruno, nous réussissons à bien desservir le réseau existant. Pour le futur, avec le développement de la zone blanche, particulièrement avec le développement de l’écoparc industriel, il est impossible d’accueillir de nouvelles entreprises avec notre réseau actuel. Ce réservoir nous permettra donc de mieux répondre à nos besoins futurs. »

Le journal Les Versants a essayé en vain de joindre le maire Martin Murray pour avoir ses commentaires sur la venue de Molson et sur le potentiel qu’aurait alors Saint-Bruno pour son développement résidentiel, commercial et industriel.

  • Odette Sabourin

    Un constat flagrant: on paie trop pour s’installer à Saint-Bruno. Depuis cinq ans, aucun développement d’importance n’a vu le jour. On est en droit de se poser des questions. Pourquoi les investisseurs nous boudent-ils? La compétition est féroce et pendant ce temps nos élus se complaisent dans des jérémiades sans fin au sujet des iniquités. Il est temps de passer à l’action et de mettre en place des mesures incitatives attrayantes pour les investisseurs.