L’union se reforme contre l’agglomération

L’union se reforme contre l’agglomération

Saint-Lambert, Brossard et Saint-Bruno-de-Montarville s’unissaient en 2014 pour dénoncer la gestion de l’agglomération de Longueuil.

Crédit photo : archives

Les maires de Brossard, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert saluent les conclusions de l’étude portant sur le bilan des « fusions – défusions » municipales.

L’union formée le 11 décembre 2014 par trois municipalités appartenant à l’agglomération de Longueuil, afin de dénoncer la gestion de l’agglomération dont ils font partie, n’attendait pas une meilleure occasion pour se manifester de nouveau.

D’une même voix hier, les maires de Brossard, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert ont loué les résultats d’une étude menée par HEC Montréal sur les effets des « fusions – défusions ».

« L’agglomération de Longueuil étouffe financièrement les Montarvillois et Montarvilloises. » – Martin Murray

« Le rapport Gagné du Centre sur la productivité et la prospérité est clair; lorsqu’on évalue les effets des « fusions – défusions » en comparant le niveau de dépenses par habitant des municipalités reconstituées avant les fusions et celui observé après les défusions, Boucherville, Brossard, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert sont les grandes perdantes », expliquent les trois maires dans un même communiqué.

Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville, a précisé que l’absence de transparence quant à la gestion de l’agglomération et le manque de collaboration entre l’administration longueuilloise et les directions des municipalités liées sont inacceptables. « Les services partagés avec l’agglomération coûtent plus cher comparativement aux services obtenus par les citoyens voisins évoluant dans une MRC. L’agglomération de Longueuil étouffe financièrement les Montarvillois », a-t-il indiqué.

Réunis de nouveau

Alors que le vote du Programme triennal d’immobilisations (PTI) de l’agglomération de Longueuil, à la dernière séance du conseil d’agglomération, n’avait pas réuni les trois maires sur son adoption (le représentant du maire de Brossard a voté en faveur, contrairement aux maires de Saint-Bruno et Saint-Lambert), les voilà de nouveau unis dans la volonté de dénoncer les modes de gestion et de gouvernance de l’agglomération.

Les maires des municipalités reconstituées sont ouverts aux recommandations proposées par Robert Gagné. « Ces recommandations assureraient une plus grande transparence de la gestion de l’agglomération », avancent-ils.

L’avis de Longueuil

Ce n’est pas l’avis de Longueuil. « Au Québec c’est une règle générale de se baser sur la richesse foncière des Villes plutôt que leur population », indique le porte-parole de Longueuil Louis-Pasqual Cyr, pour expliquer comment est calculée la quote-part des différentes villes liées. C’est ainsi qu’en fonction de leur richesse foncière, les municipalités reconstituées participent à hauteur de 52,3 % au budget de l’agglomération, le reste étant financé par Longueuil.

Cependant, en matière de gouvernance, c’est Longueuil qui détient la majorité des voix au conseil d’agglomération, se basant cette fois sur sa population majoritaire au sein de l’agglomération. M. Cyr indique par contre que Longueuil est la seule agglomération qui vote ses résolutions à la majorité des deux tiers.

« Il faut noter que l’étude indique que la hausse des dépenses des villes liées sont la conséquence de la croissance de leurs propres dépenses », met en évidence M. Cyr, reprenant un point du rapport soulignant que « la croissance des dépenses de Brossard, Boucherville et Saint-Bruno est majoritairement expliquée par une augmentation des dépenses locales et non pas par une augmentation des dépenses d’agglomération ».

Quant à la facturation à l’utilisation préconisée par l’étude, M. Cyr indique de nouveau que « le modèle québécois est fait sur le partage des coûts selon la richesse foncière, pourquoi on ferait de Longueuil une exception? »

Les trois maires se sont donné rendez-vous aujourd’hui, à l’édifice André-Laurendeau à Québec, pour faire un point de presse aux abords du parlement qui abritera le conseil des ministres.