Les villes fusionnées grandes perdantes

Les villes fusionnées grandes perdantes

L’agglomération de Longueuil, gérée par la ville de Longueuil, compte cinq municipalités liées.

Crédit photo : Archives

Selon une étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, les villes liées à Longueuil comme Saint-Bruno-de-Montarville sont les grandes perdantes des fusions-défusions.

Sous le titre « Les défusions municipales, 10 ans plus tard », le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal dresse un bilan alarmant pour les villes liées à Longueuil. Leurs dépenses n’ont jamais été aussi importantes que depuis qu’elles sont gérées par l’agglomération de Longueuil.

Après les défusions, « on peut penser que la solution mise en place en 2006 en a été une de compromis qui n’a aucunement servi les intérêts des régions concernées : les municipalités reconstituées ont certes retrouvé leur pouvoir de taxation et leurs citoyens ont retrouvé leur gentilé, mais dans les faits, tous demeurent assujettis à une agglomération, une entité supramunicipale dont la gestion échappe vraisemblablement aux municipalités reconstituées », peut-on lire dans le rapport.

« Ce qui est dans cette étude, c’est ce qu’on pense depuis 10 ans. » – Martin Murray

Et cela a eu un coût à la hausse pour les principales villes concernées. Alors que les municipalités de Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Lambert et Boucherville dépensaient respectivement 2 %, 8 % et 9 % de plus que la moyenne des villes comparables, ces taux sont passés à 48 %, 32 % et 64 % en 2009. « À l’inverse, le niveau de dépenses des municipalités reconstituées des agglomérations de Montréal et de Québec est demeuré similaire, sinon inférieur à celui observé avant les fusions », précise l’étude qui va dans le sens de ce que dénoncent un grand nombre de maires de l’agglomération depuis plusieurs années déjà.

« Cela ne fait que confirmer ce qu’on disait. C’est cependant toujours bon qu’il y ait une lecture externe. Longueuil n’est pas une ville centre comme Québec ou Montréal (NDLR : les deux autres agglomérations étudiées par le Centre). Au niveau de la gouvernance de l’agglomération, je n’ai jamais été autant mal à l’aise alors que Longueuil semble voir le mode de fonctionnement de l’agglomération comme un droit acquis », explique Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville.

La municipalité a déjà fait la démonstration, en se comparant à Sainte-Julie, une ville de même taille, ou encore Chambly, que les services accordés aux citoyens étaient beaucoup plus bas. « Quand on se compare à Sainte-Julie, on a l’air fou. C’est le moment ou jamais de changer les choses. Un projet de loi sur les gouvernements de proximité se prépare. On veut être traités de la même façon que Sainte-Julie, Saint-Basile-le-Grand … Plutôt qu’une agglomération de Longueuil, créer une MRC serait le meilleur moyen de redonner du pouvoir aux maires », de poursuivre M. Murray.

Quelques raisons de l’échec

Selon l’étude, il n’y aurait pas de lien solide entre les différentes villes de l’agglomération de Longueuil.

En 2002, le gouvernement du Québec a triplé la taille de Longueuil sans que la Ville soit outillée pour y faire face. L’étude montre que Longueuil ne peut pas se reposer sur une communauté métropolitaine comme à Montréal ou Québec, et comme ces deux dernières municipalités, ce n’est pas une ville centre.

Aussi, Longueuil ne finance actuellement que 47 % des services d’agglomération compte tenu de sa richesse relative, alors qu’elle constitue 57 % de la population de l’agglomération.

L’une des solutions qu’apporte l’étude pour rendre la situation plus acceptable serait de « financer les services de l’agglomération sous la forme d’un système de péréquation où les municipalités les plus riches sont surfacturées, la facture transmise aux municipalités reconstituées devrait être établie sur la base de leur utilisation. »

« Ce qui est dans cette étude, c’est ce qu’on pense depuis 10 ans (date de la création de l’agglomération de Longueuil) », de conclure M. Murray.