Le patineur dans l’ombre

Le patineur dans l’ombre

Le patineur de vitesse sur courte piste, le Julievillois François Hamelin.

Crédit photo : Patrice Lapointe

François Hamelin aux Jeux olympiques de PyeongChang

À quelques jours du départ pour les Jeux olympiques de PyeongChang, en Corée du Sud, le patineur de vitesse sur courte piste François Hamelin s’est entretenu avec Les Versants.

Le 24 janvier dernier, Patinage de vitesse Canada dévoilait son équipe finale sur courte piste pour les Jeux olympiques d’hiver de 2018.

Sur la ligne du relais masculin

Le Julievillois François Hamelin a été sélectionné pour prendre part à l’épreuve du relais masculin, une course de 5 000 mètres en compagnie de ses coéquipiers Samuel Girard, Charles Hamelin, Charle Cournoyer et Pascal Dion.

Lors du coup de fil de l’athlète trentenaire, cette nouvelle n’avait pas encore été confirmée. Après trois présences aux Jeux olympiques (Vancouver 2010, Sotchi 2014 et PyeongChang 2018), François Hamelin affirme que la fin de sa carrière approche. « La retraite arrive dans peu de temps. Au cours des quatre dernières années, j’ai beaucoup travaillé. À PyeongChang, je veux bien faire les choses; je souhaite finir ma carrière la tête haute », mentionne le nouveau papa.

«Quant à Charles, je sais que j’ai été dans son ombre durant ma carrière… » – François Hamelin

François a amorcé le patinage de vitesse alors qu’il était âgé de 5 ans. C’est après avoir vu des images dans un bouquin qu’il a choisi de troquer les patins de hockey (il patinait sur le lac près de la maison familiale) pour des patins de vitesse. De son côté, Charles a commencé son sport à 9 ans. Ce dernier a déjà annoncé qu’il accrochait ses patins après l’aventure PyeongChang.

Dans l’ombre de Charles

Plus jeune de deux ans que son frère, François Hamelin se sent-il dans l’ombre de celui-ci, et ne voudrait-il pas profiter de son départ pour devenir un exemple pour les plus jeunes et grimper sur le podium plus fréquemment? « Mes plans après le patin se développent : je viens de fonder une famille, je désire voyager, être à la maison. Cette partie de ma vie prend place. Je pense que le “timing” de la retraite est bon. En plus, les jeunes de l’équipe canadienne sont sur le point de me dépasser », répond-il. Il poursuit : « Quant à Charles, je sais que j’ai été dans son ombre durant ma carrière… », note celui qui a étudié en comptabilité.

François Hamelin admet que cette réalité, rester dans l’ombre, lui a donné la frousse à ses débuts, mais qu’au lieu de montrer des signes de jalousie, il a plutôt opté pour embarquer dans l’aventure canadienne. Il évoque même l’idée que d’autres membres de l’équipe nationale aient pu, en raison des succès de son frère, rester à l’écart des projecteurs. « Charles est mon coéquipier, mais c’est aussi mon frère. Nous sommes chanceux d’être ensemble sur le même sport. Dans la victoire comme la défaite, nous nous soutenons. C’est réciproque des deux côtés. Et à la fin, c’est une belle histoire. »

Tensions politiques

Celui qui occupe ses temps libres au tricot, au golf et à la lecture ne craint pas son séjour en Corée du Sud, et ce, malgré les tensions politiques avec la Corée du Nord. Depuis l’élection du président américain Donald Trump, c’est aussi l’escalade de la guerre de mots entre le leader nord-coréen et le président des États-Unis. François Hamelin rappelle qu’il y avait aussi des tensions politiques lors des Jeux de Sotchi, entre la Russie et l’Ukraine. « Honnêtement, nous sommes entraînés à faire abstraction de tout ça et à rester concentrés sur nos performances sur la glace. Nous faisons confiance aux responsables sud-coréens afin d’assurer un site sécuritaire pour les athlètes. »

Bien qu’il demeure à Montréal, François Hamelin soutient que Sainte-Julie demeure une terre d’accueil, pour lui et pour son frère Charles. D’ailleurs, il rappelle que l’initiative de la Ville et du Centre de la culture et du sport de Sainte-Julie de renommer la patinoire numéro trois de l’aréna en hommage à Charles, François et leur père Yves Hamelin est un très bel honneur. Celle-ci se nomme patinoire Hamelin depuis octobre 2016. « Une fois par année au moins, nous essayons de revenir voir les gens du Club Les Fines lames, avec qui nous avons appris. C’est avec cette organisation que nous avons donné nos premiers coups de patin; ils sont toujours dans nos cœurs », de conclure François Hamelin.

QUESTION AUX LECTEURS :

Allez-vous suivre les compétitions de patinage de vitesse sur courte piste lors des Jeux olympiques d’hiver 2018?