L’arrière des coulisses

L’arrière des coulisses

Quelques-uns des bénévoles qui travaillent dans l’ombre pour la pièce . (Photo : Philippe Dufaux)

Théâtre Saint-Bruno Players

Le Théâtre Saint-Bruno Players s’apprête à monter sur la scène du Centre Marcel-Dulude avec Glengarry Glen Ross, pièce à laquelle le public est convié les 10, 11, 17 et 18 novembre. Le journal Les Versants a décidé d’aborder le travail effectué en coulisses, tout ce qui se prépare avant les représentations, mais qui se déroule aussi pendant et après les pièces. Rencontre.

À quelques jours du début des représentations de Glengarry Glen Ross, les directrices de production, Jocelyne Miller et Doris Caron, ainsi que le directeur des communications, Réjean Faucher, ont accepté de répondre à nos questions.

« Nous avons tous des personnalités différentes, mais un même intérêt, qui est le théâtre. » – Jocelyne Miller

En tant que directrices de production, Jocelyne Miller et Doris Caron ont dû avant tout s’enquérir des exigences de la metteure en scène (Chantal Lapointe et son assistante Catherine Mailloux pour Glengarry Glen Ross). « Par la suite, il faut se monter une équipe de bénévoles qui seront affiliés à différentes tâches, établir un budget, présenter ce budget aux membres du conseil d’administration, le faire approuver et surtout, le respecter. Enfin, il faut respecter l’échéance », répond Jocelyne Miller, qui a joint le Théâtre Saint-Bruno Players il y a cinq ans. « C’est beaucoup de coordination, tel un superviseur, mentionne Doris Caron, qui s’est greffée à l’organisme culturel il y a quatre ans. En formant notre équipe, nous réalisons que certains ont des spécialités. D’eux, nous apprenons, alors que d’autres sont nouveaux dans les coulisses. » Pour Réjean Faucher, tous sont importants! « Tout le monde est interrelié et forme une grande chaîne humaine. »

Plus de 160 heures pour les décors

Tout de même, l’une des responsabilités importantes, voire la plus importante, concerne les décors. Puisqu’ils ne sont pas impliqués en tant que comédiens pour Glengarry Glen Ross, la tâche revient cette fois à Pauline Laplante et Claude Poitras. Mme Laplante s’est notamment concentrée, pendant plus d’une vingtaine d’heures, à la conception des décors. « C’est elle qui les élabore. Elle en dessine les plans, conçoit les maquettes. Nous travaillons comme si nous étions des professionnels, mais à moindres coûts et en limitant les frais », explique Jocelyne Miller. De son côté, Claude Poitras fabrique les décors d’après le travail de sa complice. Pour la production automnale en français du Théâtre Saint-Bruno Players, M. Poitras aura consacré environ 160 heures de son temps réparties sur une période de deux mois, en septembre et en octobre. Sa raison? Parce qu’il aime ça, tout simplement. « Et ça ne comprend pas la journée de montage et de démontage au Centre Marcel-Dulude! » lance Réjean Faucher.

Pour économiser quelques dollars, les membres de la troupe n’hésitent pas à emprunter du matériel, des accessoires ou des meubles de leur demeure pour combler certains éléments du décor. Par exemple, une chaise et une desserte qui se retrouveront sur la scène proviennent de chez Jocelyne Miller.

Si la tâche des décors demande beaucoup de travail avant les représentations de la pièce, c’est tout le contraire pour l’éclairage et le son, des actions qui se déroulent au cours de l’action sur les planches. Cette fois, Isabelle Plamondon, Chantal Lapointe et Bernard Belzile s’y consacrent.

Et que dire des costumes, du maquillage et des coiffures, de la régie de plateau ou bien de la conception du programme de la soirée et de la billetterie! Il y a toujours au moins un membre du Théâtre Saint-Bruno Players qui est affilié à un poste. Au total, la troupe peut compter sur près de 90 membres.

La relève

Parmi tous ces bénévoles (car ils sont tous bénévoles, même les comédiens), il y a quelques jeunes qui se sont ajoutés à la troupe du Théâtre Saint-Bruno Players récemment. Mais le ratio de ces nouveaux venus est plus élevé du côté de la bande francophone que du groupe anglophone. « Il y en a moins en anglais. Leur moyenne d’âge grimpe en flèche. C’est différent pour les membres français », note Réjean Faucher. Pour s’impliquer au sein de l’organisme culturel, il faut également du temps et des disponibilités. Les parents entre 20 et 30 ans et occupés avec les enfants se font rares. Il faut savoir qu’en préparation d’une pièce, les répétitions se déroulent deux fois par semaine et un samedi par mois. « Et durant la semaine des représentations, nous pratiquons du dimanche au dimanche. C’est très demandant », rappelle Mme Caron, pour qui le théâtre est un milieu qu’elle a toujours voulu connaître. « Nous avons tous des personnalités différentes, mais un même intérêt, qui est le théâtre. Au bout du compte, il y a des liens qui se créent, des affinités qui se développent. Notre groupe est important », de conclure Jocelyne Miller.