Koriass et le rap

Koriass et le rap

Le rappeur Koriass sera au Centre Marcel-Dulude ce samedi. (Photo : Jay Kearney)

Centre Marcel-Dulude

Au tour du chanteur Koriass de fouler la scène du Centre Marcel-Dulude pour une première fois. Le rappeur sera de passage à Saint-Bruno-de-Montarville ce samedi 2 décembre, à 20 h.

La première partie de l’événement sera assurée par La Collection, un groupe de jeunes musiciens provenant de Saint-Bruno-de-Montarville. En entrevue avec le journal Les Versants, Koriass admet qu’il ne connaît pas le collectif, dont l’un des membres a d’abord contacté le gérant pour lui faire part de son souhait. « Je ne les connais pas. Mais quand il y a des artistes locaux qui prennent la peine de nous contacter, j’accepte toujours de donner une place à la relève », répond le chanteur. Koriass mentionne que plus jeune, il aurait aimé avoir cette chance de jouer dans son patelin lorsque des artistes étaient de passage. « L’idée, c’est qu’aujourd’hui, grâce à Internet, c’est facile de contacter les artistes ou leur équipe de gérance. Beaucoup plus qu’auparavant. Mais ça me fait plaisir de leur laisser la scène quelques instants. »

Du côté de la maison de disques de Koriass, 7e Ciel, on répond : « Nous acceptons généralement les premières parties locales, puisque nous voulons encourager la relève locale dans chacune des villes où Koriass (ou tout autre artiste) fait un spectacle. »

« Les artistes sont plus pertinents. » – Koriass

Pour le diffuseur du spectacle, Roger Lacoste, Koriass est l’un de ces artistes qui a fait consensus à la table lors de la préparation de la programmation 2017-2018. « Il représente la direction que nous souhaitons prendre, celle de donner la chance à de nouvelles têtes. Koriass est un incontournable cette année; un bon coup! »

Quelques jours avant son arrêt à Saint-Bruno, Koriass célébrera le 50e anniversaire de création des cégeps en compagnie d’invités spéciaux et d’anciens lauréats de Cégeps en spectacle : Vincent Vallières, Yann Perreau, la Montarvilloise Claudine Mercier, Charles Richard-Hamelin, Philippe Brach, Catherine Major et Jessica Viau. L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) sera aussi de la fête. « Collaborer avec l’OSM, c’est une expérience qui me tentait », indique celui qui a été porte-parole de Cégeps en spectacle pour 2016-2017. Cette présence lui importait parce qu’une majorité de son public est actuellement dans les cégeps. Aussi parce qu’il performe parfois dans ces établissements.

Enfin, il explique sa participation à l’événement, qui aura lieu ce jeudi 30 novembre, pour une autre raison : parce que Koriass, dont le véritable nom est Emmanuel Dubois, n’a pas fait d’études supérieures. C’est d’ailleurs l’un de ses plus grands regrets. « J’ai laissé tomber mes études dans la vingtaine et je suis allé galérer. Je me suis compliqué la vie pour mon plaisir personnel, pas même pour un emploi. Aujourd’hui, quand j’en parle, je le dis aux jeunes que ce choix a été une erreur », raconte-t-il.

Un genre en évolution

Le 29 octobre dernier, le groupe Alaclair ensemble est monté sur scène pour récolter le premier Félix dans la catégorie Meilleur album hip-hop remis durant le gala télévisé de l’ADISQ. Une reconnaissance qui a réjoui le principal intéressé. « C’est l’fun de voir que l’ADISQ se réveille. Mais cet honneur est attribuable au travail accompli au cours des dernières années par mon gérant et fondateur des Disques 7 Ciel, Steve Jolin. C’est grâce à lui que la catégorie hip-hop et le rap sont enfin reconnus; c’est grâce à lui si l’engouement a atteint le public. »

Le 19 novembre, c’est à La Voix junior que le rap a fait son entrée. Après avoir été conquis par le heavy metal du Grandbasilois Louis-Paul Gauvreau, le Québec s’est laissé charmer par la rappeuse Sydney Lallier. Au point que la jeune fille de 11 ans a remporté la deuxième saison de l’émission de TVA. « Je n’étais pas au courant, lance Koriass. Mais tant mieux si nous pouvons élargir notre public. C’est toujours une bonne chose de pouvoir sortir le rap de son microcosme; toutefois, ça demeure un work in progress. »

Selon lui, l’organisation du genre musical a maintenant plus d’allure à différents niveaux : la qualité des artistes, la production, la promotion, la qualité des albums. « C’est un mélange. L’engouement ne vient pas juste du public, mais aussi de l’industrie. Les artistes sont plus pertinents. »

De son quatrième et plus récent opus, Love suprême, paru en février 2016, le papa de deux enfants dira qu’il s’agit d’un disque important de sa carrière, un album qui lui a ouvert plusieurs portes. « J’avais mis la barre assez haut pour ce disque, ce qui m’a permis d’explorer différentes avenues. » Koriass y pose des questions sur la quête d’amour et le narcissisme. Accompagné sur scène d’un batteur et d’un bassiste pour la tournée de Love suprême, l’artiste parle d’un spectacle énergique, organique, dans lequel il permet au public de participer.

Des billets, au coût de 27 $, sont disponibles au Centre Marcel-Dulude (530, boul. Clairevue Ouest).

QUESTION AUX LECTEURS :

Aimez-vous le rap et le hip-hop?

  • François Lauzon

    Narcissime .. oh la .. enfin il se reconnait !