Fusion, défusion, agglomération, 10 ans plus tard

Fusion, défusion, agglomération, 10 ans plus tard

L'agglomération de Longueuil a vu le jour en 2006.

Crédit photo : Archives

Cela fait maintenant 10 ans que les municipalités de Saint-Bruno-de-Montarville, Boucherville, Brossard et Saint-Lambert ont retrouvé leur statut de ville. Statut qu’elles avaient perdu à l’époque du programme des fusions municipales amené par le gouvernement provincial.

Le gouvernement provincial a instauré une série de réformes qui sont venues bouleverser le milieu municipal au début des années 2000, touchant plus de 200 villes du Québec, dont Saint-Bruno-de-Montarville, fusionnée pour former la mégaville de Longueuil avec les municipalités de Saint-Hubert, Greenfield Park, LeMoyne, Brossard, Boucherville et Saint-Lambert.

Mais Saint-Bruno-de-Montarville, en compagnie des Brossard, Boucherville et Saint-Lambert, n’accepte pas ce projet et choisit la défusion. Autant les fusions que les défusions, qui surviennent en juin 2004, auront coûté cher aux citoyens.

L’agglomération de Longueuil voit le jour en 2006 et a comme objectif d’administrer les services communs desservant la Ville de Longueuil et les municipalités reconstituées. Dès sa constitution, la gouvernance de l’agglomération est un enjeu; le premier budget de l’agglomération de Longueuil ne reçoit pas l’aval des maires des municipalités reconstituées.

L’agglomération de Longueuil voit le jour en 2006

Saint-Bruno-de-Montarville : fusion-défusion
Saint-Bruno-de-Montarville obtient son incorporation municipale le 4 septembre 1958. Lors de la création des municipalités régionales de comté en 1982, Saint-Bruno-de-Montarville se regroupe sous la MRC de La Vallée-du-Richelieu et y demeure jusqu’au 1er janvier 2002, où la Loi réformant l’organisation territoriale municipale des régions métropolitaines de Montréal, de Québec et de l’Outaouais faisait de Saint-Bruno-de-Montarville un arrondissement de la grande Ville de Longueuil avec Boucherville, Saint-Hubert, Brossard, Greenfield Park et le Vieux-Longueuil. La ville est ensuite reconstituée le 1er janvier 2006 par un décret de reconstitution. La population montarvilloise choisit alors de regagner son autonomie. Par contre, certaines compétences, comme la cour municipale, la sécurité incendie, le Service de police, la sécurité publique, le transport collectif, l’élimination et le recyclage des matières résiduelles relèvent toujours de l’agglomération de Longueuil.

Parce qu’il juge que la quote-part ne correspond pas aux services rendus, le chef du Parti montarvillois, Martin Murray, annonce lors de sa campagne électorale de 2013 qu’il a l’intention de soumettre aux Montarvillois, dans un délai « relativement restreint », une proposition pour retirer Saint-Bruno-de-Montarville de l’agglomération de Longueuil.

Les Villes reconstituées de Saint-Bruno-de-Montarville, Brossard et Saint-Lambert veulent changer les choses, mais Boucherville n’unit pas sa voix dans cette démarche. Ce qui complique la tâche des maires de ces villes, respectivement Martin Murray, Paul Leduc et Alain Dépatie, qui sont en campagne contre l’agglomération de Longueuil depuis décembre 2014.

Les trois municipalités tentent par tous les moyens de changer le mode de gestion de l’institution qui, d’après eux, ne prend pas en considération les Villes liées à Longueuil.

Après avoir fait plusieurs demandes infructueuses au ministère des Affaires municipales pour régler les problèmes de gestion et de gouvernance qu’ils dénoncent au sein de l’agglomération, les maires dissidents ont lancé en octobre dernier un site Internet : www.onpaietrop.com.

Ils proposent une réforme sur quatre axes, soit un mode de financement calqué sur les municipalités régionales de comté (MRC), selon une formule qui considère 50 % de la population et 50 % de la richesse foncière; une administration indépendante et dédiée pour l’agglomération de Longueuil afin d’éviter un mélange des genres et de ressources avec la Ville de Longueuil; un conseil d’agglomération composé uniquement des maires de Saint-Bruno-de-Montarville, Boucherville, Brossard et Saint-Lambert, et la mairesse de Longueuil afin d’améliorer la transparence et la démocratie; une appellation différente de Longueuil devrait être associée à l’agglomération afin de bien démontrer l’indépendance de cette dernière.

Aujourd’hui, l’agglomération de Longueuil compte plus de 420 000 habitants et comprend les municipalités de Longueuil, Boucherville, Brossard, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert.