Étienne Hannequart-Ferron : jouer avec les mots

Étienne Hannequart-Ferron : jouer avec les mots

Étienne Hannequart-Ferron. (Photo : courtoisie)

Étienne Hannequart-Ferron a fait partie des 20 auteurs en lice pour le Prix de la nouvelle Radio-Canada 2017. Pour participer au concours, le Montarvillois avait soumis le texte La chatte.

« Mais je n’ai pas gagné ce concours… », a répondu Étienne Hannequart-Ferron lors de la demande d’entrevue du journal. Il explique qu’il rédige des textes depuis plusieurs années, à l’époque de l’école, mais que depuis, il n’a jamais publié. « Je ne suis pas du tout impliqué dans milieu littéraire. » Pourtant, en novembre dernier, il faisait aussi partie d’un groupe de 20 poètes en lice pour le Prix de poésie Radio-Canada 2016.

« Habituellement, quand j’ai une idée de roman, elle se termine en nouvelle. » – Étienne Hannequart-Ferron

Le Prix de poésie Radio-Canada l’automne dernier et le Prix de la nouvelle Radio-Canada ce printemps représentent les deux premiers concours auxquels Étienne Hannequart-Ferron participait. « J’écris pour le plaisir. Depuis le temps, j’ai acquis un peu d’expérience. Je suis surpris que mon nom ait été retenu. Ce n’est pas un honneur auquel je m’attendais, mais ça pousse à poursuivre. Ça donne du courage. Ça permet de réaliser qu’il y a peut-être du sens dans ce que je compose. Ça se tient. C’est motivant », mentionne-t-il en entrevue téléphonique, ajoutant que de se retrouver parmi les gens en lice, à deux reprises, lui a permis de gagner en confiance.

Étienne est le petit-fils de l’écrivain Jacques Ferron, à qui l’on doit le roman L’Amélanchier. M. Ferron était aussi médecin et politicien, celui qui a fondé et dirigé le Parti rhinocéros. Il est décédé en 1985, alors que le Montarvillois était encore aux couches. « Je ne l’ai pas connu longtemps. En fait, je ne l’ai pas vraiment connu. Mais ce que je comprends, après avoir fait connaissance avec une partie de son œuvre, c’est qu’il a été quelqu’un de son époque, un homme ancré dans le Québec, qui a connu la Révolution tranquille et les grands changements de notre société. »

Publier ses écrits

Après autant d’années à coucher sur le papier des histoires et des poèmes, Étienne Hannequart-Ferron souhaiterait maintenant rassembler ses nouvelles – une vingtaine – dans un recueil et les voir publier. Idem pour sa série de poèmes, qui pourrait se retrouver dans un livre. « Je vais essayer de me faire publier bientôt, mais rien n’est certain. Par contre, les résultats des concours m’ont donné confiance pour approcher les éditeurs. » Et le roman? « Non, je n’arrive jamais à écrire assez longtemps. Quand je commence un texte, j’arrive à la fin somme toute assez rapidement. Habituellement, quand j’ai une idée de roman, elle se termine en nouvelle », de poursuivre le père de famille.

Pour expliquer sa passion de l’écriture, Étienne Hannequart-Ferron souligne que son grand-père, même s’il l’a peu connu, est un modèle, mais aussi qu’il a baigné dans le domaine toute sa jeunesse. « Il y a toujours eu des livres chez moi. À l’école, j’étais très bon en français et dans les productions écrites. C’était un naturel pour moi quand j’étais enfant, et c’était normal de continuer à jouer avec les mots rendu adulte. »

Verbicruciste

Après des études en cinéma qu’il n’a jamais terminées, il devient la troisième génération de la famille Hannequart à être verbicruciste. À la suite de son grand-père Maurice (pratiquement un pionnier dans le domaine), son père Michel et sa tante Nicole, Étienne devient auteur de grilles de mots croisés. Même sa mère, Martine Ferron, produit des grilles. C’est ce qu’il fait pour gagner sa vie depuis une décennie maintenant. La famille Hannequart est depuis longtemps associée aux mots croisés de La Presse, mais depuis le 1 mai, Étienne planche aussi sur le mini-défi du Journal de Montréal, une grille 5 x 5 dont deux des définitions, celle du n° 1 vertical et celle du n° 1 horizontal, sont plus tordues. « Je suis content parce que c’est un beau contrat d’un mots croisés par jour. Je remplace ma tante, qui prend sa retraite, et qui avait proposé mon nom. Ça la rend heureuse que je prenne la relève », de répondre celui qui crée aussi des grilles pour d’autres publications, notamment Allô vedettes.

Entre son grand-père, son père et sa tante, qui ont débuté à la main, et lui, qui travaille à l’aide d’un logiciel fait sur mesure avec une base de données, de mots et de définitions, il y a un monde. « Mon grand-père peinturait ses cases noires avec un pinceau. Mon père a modernisé notre façon de travailler », raconte-t-il.

La relève des mots

Avec deux enfants, est-ce que ce père de famille souhaiterait voir un jour l’un d’eux prendre la relève, devenir la quatrième génération de verbicrucistes, d’autant plus qu’ils portent le nom Hannequart? « Il est encore tôt pour le dire, mais ma fille est très bonne en français. Si l’un d’eux en venait à pratiquer la profession, j’en serais très fier. Mais je ne tiens pas à les forcer ni à les diriger vers ce choix. Ma fille me demande de lui créer des grilles de temps en temps. C’est aussi une grande lectrice. »

Les éditions La Goélette, dont les bureaux sont situés dans le parc industriel de Saint-Bruno-de-Montarville, publient plusieurs recueils de mots croisés. Avec les grilles de la famille Hannequart, qui habite Saint-Bruno-de-Montarville, cela signifie qu’une bonne partie de la production de mots croisés du Québec est imaginée en sol montarvillois.

Étienne Hannequart-Ferron a fourni au journal une grille de mots croisés, que voici. Amusez-vous! http://michelhannequart.com/Grilles/Versants.grille.pdf