Des ouvriers aux portes de la grève

Des ouvriers aux portes de la grève

L'usine Mecar Metal à Saint-Bruno-de-Montarville compte une centaine d'employers.

Crédit photo : Frédéric Khalkhal

Les travailleurs de Mecar Métal se sont dotés, hier, d’un mandat de grève à Saint-Bruno-de-Montarville.

Les travailleurs de Mecar Métal à Saint-Bruno-de-Montarville se sont donné un mandat de grève à déclencher au moment jugé opportun, hier soir à 17 h, dans une proportion de 88 %. Les négociations achoppent principalement sur le salaire, après des années de vache maigre nettement en dessous de l’évolution du coût de la vie.

« Lors des dernières négociations, l’employeur alléguait qu’il était en mauvaise posture financière, sans le prouver. Les travailleurs avaient consenti à un gel salarial, puis à des hausses modestes. Mais on ne jouera pas la même pièce de théâtre cette année. On sait que l’entreprise va bien, les profits sont au rendez-vous, il n’est pas question que les travailleurs s’appauvrissent avec des salaires qui ne suivent même pas le coût de la vie », explique le représentant syndical des Métallos, Claude Langlois.

Le syndicat a soumis à la direction de l’entreprise deux dates afin de retourner à la table de négociation pour déterminer la prochaine convention collective.

Activités

Les 45 travailleurs de Mecar, membres de la section locale 9414 des Métallos, transforment du métal en feuilles pour fabriquer des unités de chauffage et de climatisation industrielle. L’entreprise compte une centaine d’employés au total.

« On sait que l’entreprise va bien, les profits sont au rendez-vous, il n’est pas question que les travailleurs s’appauvrissent avec des salaires qui ne suivent même pas le coût de la vie. » – Claude Langlois

Le Groupe Rosemex, propriétaire de Mecar Métal, trouve sa raison d’être dans la fabrication et la commercialisation de produits d’échange calorifique servant pour le chauffage, la ventilation et la climatisation d’édifices institutionnels, commerciaux et industriels. Les produits sont principalement commercialisés par appel d’offres pour répondre à des besoins spécifiques de la clientèle. L’entreprise compte parmi ses clients la Caisse de Dépôt, l’Université de Montréal, l’Université McGill, Pavillon Jean & Marcelle Coutu (Faculté pharma), l’Aéroport de Montréal, Merck Frosst…

Les revendications

Les ouvriers demandent principalement de meilleures hausses salariales, une hausse significative de la cotisation de l’employeur au Fonds de solidarité FTQ et une rétroactivité salariale jusqu’en février 2017, date de la fin du contrat de travail précédent.

Une visite de l’entreprise par la direction des Métallos était prévue de longue date pour aujourd’hui. Celle-ci a été annulée à la dernière minute par l’employeur, parce qu’un vote de grève était à l’ordre du jour de l’assemblée hier soir. « Plutôt que de prendre peur et d’éviter les Métallos, l’employeur devrait réviser ses positions de négociation. Il doit reconnaître que les travailleurs garantissent les bons résultats de l’entreprise et les rémunérer en conséquence », ajoute Claude Langlois.

Malgré ce préavis de grève, il règne une bonne ambiance au sein de l’entreprise et les salariés syndiqués ont assez confiance que la situation se règle rapidement. Le dernier événement similaire se serait produit il y a une vingtaine d’années.

Au moment de la rédaction de l’article, la direction de Mecar Métal n’avait pas rappelé le journal Les Versants.