Des intervenants déçus et insatisfaits

Des intervenants déçus et insatisfaits

Une quarantaine de personnes étaient sur place pour cette séance d’information. (Photo : Frank Jr Rodi)

Quelque 40 personnes étaient réunies à l’hôtel de ville de Longueuil, le 22 novembre dernier, pour assister à une séance d’information concernant l’étude de la firme Raymond Chabot Grant Thornton, selon laquelle le coût de la grande majorité des services offerts par l’agglomération est inférieur à ceux des villes comparables du Québec.

Ce rapport indépendant, une étude commandée par la Commission du budget, des finances et de l’administration de l’agglo, veut démontrer que l’agglomération de Longueuil, comparativement à neuf autres grandes villes similaires du Québec ainsi qu’une ville ontarienne, fournit à ses citoyens des services à moindre coût en matière de sécurité incendie, de sécurité civile (police), d’eau potable, de gestion des matières résiduelles, de recyclage, de gestion des eaux usées, de collecte des déchets, de cour municipale et de transport collectif.

Les services de l’agglo de Longueuil ont été comparés à ceux de Montréal, Gatineau, Laval, Sherbrooke, Québec, Saguenay, Lévis, Trois-Rivières, Terrebonne et Ottawa.

Soulignons aussi que seules les données budgétaires 2015 ont été utilisées pour ce rapport.

« Nous sommes contre cette étude, une étude que nous n’avions pas demandée. » – Martin Murray

Des absents

Les documents, une synthèse, ont été présentés lors d’une soirée d’information en l’absence des maires de Saint-Bruno-de-Montarville, Brossard, Saint-Lambert, Boucherville ainsi que de la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire. La conseillère municipale de Saint-Bruno-de-Montarville, Michèle Archambault, était aussi absente, et ce, même si une place lui était assignée à la table des conseillers puisqu’elle est membre de la Commission du budget, des finances et de l’administration. « Nous n’avions pas à nous présenter à cette séance d’information pour légitimer une démarche tout à fait inappropriée », répond le maire Martin Murray, pour expliquer l’absence de Michèle Archambault. « Nous sommes contre cette étude, une étude que nous n’avions pas demandée. Non seulement il n’y avait aucun intérêt à y être, mais cela nous avançait en rien. »

Résultats

Selon la synthèse, présentée par Nicolas Plante, l’agglomération de Longueuil performe bien, entre autres avec son Service incendie, ses matières recyclables, son traitement de l’eau potable, sa cour municipale et son évaluation; par contre, le coût du Service de police est tout légèrement au-dessus de la moyenne de celui des autres municipalités comparées.

Période de questions

À la suite de la présentation, une période de questions était accordée. Parmi les gens dans l’assistance, notons la présence de deux Montarvillois, soit le conseiller municipal indépendant, André Besner, ainsi que le créateur du site Internet agglomerationlongueuil.ca, Louis Mercier. Ce dernier s’est d’ailleurs empressé de demander pour quel motif le rapport n’est pas final, mais plutôt préliminaire. Nicolas Plante lui a répondu qu’il souhaitait attendre la séance d’information pour sortir un rapport final. Louis Mercier a aussi demandé à M. Plante : « Habitez-vous dans une ville-centre de l’agglo? »

L’animatrice de la soirée, Anita Ramacieri, du Bureau de recherche d’animation et de consultation, a voulu contenir l’intervention de M. Mercier, déclarant qu’il s’agissait d’une question piège, d’une stratégie, et qu’il semblait remettre en question la légitimité du consultant. M. Plante a tout de même répondu au Montarvillois qu’il demeurait dans l’agglo, mais pas à Longueuil. Enfin, Louis Mercier a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un rapport pour le citoyen, mais pour Longueuil.

Plusieurs autres citoyens de Saint-Hubert, Saint-Lambert et Longueuil sont intervenus au micro lors de cette soirée. La plupart se sont dits mécontents, déçus et insatisfaits des chiffres du rapport. Pourquoi le rapport ne touche-t-il pas au partage des coûts? Qui va payer pour cette étude? (Elle sera payée par les cinq villes de l’agglo.) Pourquoi l’étude passe-t-elle sous silence le déficit actuariel des caisses de retraite? Pourquoi l’analyse ne se limite-t-elle qu’à l’année financière de 2015? C’est quoi le rôle de l’agglo? C’est quoi l’objectif de la Ville de Longueuil? Voilà quelques-unes des questions entendues au cours de la séance d’information.

Un homme de Saint-Lambert s’est dit très déçu de ne pas voir la mairesse St-Hilaire et les autres maires des villes liées. Il a ajouté : « C’est une excellente présentation, mais elle est décevante. Pour les citoyens qui ne sont pas de Longueuil, l’impression que nous avons, c’est qu’il s’agit d’une présentation piège. »

Pierre Senécal, de Saint-Lambert, a parlé de « frustration d’un système inadéquat ».

Une résidante de Saint-Hubert a aussi déclaré qu’elle était déçue de ce qui avait été présenté. Selon elle, il s’agit d’argent encore une fois mal administré et que ce rapport n’avançait en rien le règlement de la polémique. « L’analyse est bonne, mais ce n’est pas ce que les gens demandaient. »

Enfin, une citoyenne de Longueuil s’est montrée déçue par l’attitude adoptée par les gens dans la salle du conseil. « Je sens de la réticence de ceux qui sont ici ce soir, qui prêtent des intentions à Longueuil. Je comprends vos rancœurs, mais n’oubliez pas que Québec a aussi son rôle à jouer dans ce débat. Longueuil ne l’a pas demandée, cette agglo, elle l’a reçue. »

Le rapport complet est disponible sur le site de l’agglomération, qui souligne cette année son dixième anniversaire.