De grands clubs dans la région

De grands clubs dans la région

(Photo : archives)

Soccer

Le FC Barcelone a maintenant pignon sur rue à Montréal. En effet, après plusieurs autres villes canadiennes, dont Toronto et Vancouver, le club de soccer espagnol vient d’ouvrir une école pour les jeunes à Montréal. Une façon de recruter nos joueurs à très bas âge?

L’académie du FC Barcelone organise aussi des ateliers au Centre multisports de Varennes, à proximité des joueurs du Club de soccer unifié du FC Mont-Bruno. « En tant que directeur technique, je ne sais pas trop quelle position prendre sur le sujet… Mais ça me semble évident qu’il s’agit d’une campagne de promotion. Ils viennent ici en utilisant la marque de commerce du FC Barcelone », mentionne au journal le directeur technique du FC Mont-Bruno, Daniel Taillon, qui donne aussi en exemples les camps de la Juventus et du Paris Saint-Germain. « À l’époque, c’est vrai qu’il y avait des clubs qui recrutaient très tôt, mais est-ce que ça débouchait quelque part? À part Didier Drogba, qui a été envoyé en France très jeune, je ne connais pas d’autres cas. »

Mais est-ce que ces camps intéressent les jeunes joueurs québécois? Tout d’abord, il faut savoir qu’il y a un coût pour y prendre part. Sur le site www.fcbcanada.com, nous apprenons, par exemple, qu’une semaine de camp d’été équivaut à 625 $ plus taxes et que ceux-ci s’adressent aux sportifs de catégories U6 à U16, aux filles comme aux garçons. Le site explique : « Près de 8000 joueurs d’Ontario, du Québec et de Colombie-Britannique ont effectué nos programmes canadiens en 2014! Nos programmes sont mis en œuvre par les entraîneurs du FC Barcelone de la FCB Escola (Le centre de formation du FC Barcelone), suivant les méthodes du club. »

« Ce ne sont pas des camps d’évaluation ni de détection… puisque ce sont des cours payants, alors l’objectif n° 1 est l’argent. Bien qu’il s’agisse probablement de programmes de qualité, le but n’est pas de détecter de futures vedettes, mais de vendre la marque de commerce. » – Éric Leroy

Pour le directeur général de l’Association régionale de soccer de la Rive-Sud, Marc Wilson, ces camps sont de la poudre aux yeux. « C’est beaucoup de fausse représentation et de marchandisage », note-t-il.

Le directeur technique de la Fédération de soccer du Québec, Éric Leroy, renchérit : « Ce ne sont pas des camps d’évaluation ni de détection… puisque ce sont des cours payants, alors l’objectif n° 1 est l’argent. Bien qu’il s’agisse probablement de programmes de qualité, le but n’est pas de détecter de futures vedettes, mais de vendre la marque de commerce et d’aller chercher l’intérêt des gens, des jeunes. Ce n’est pas une question de talent, mais d’argent. Il y a une image derrière et c’est attractif. »

D’ailleurs, le seul camp d’une équipe professionnelle reconnu par la Fédération de soccer du Québec est celui de l’Impact de Montréal, laisse savoir Éric Leroy. Celui-ci ne doute pas non plus que tous les clubs amateurs du Québec, comme le FC Mont-Bruno, puissent également offrir des entraînements de grande qualité.

M. Leroy rappelle qu’une loi de la FIFA existe depuis plus de 10 ans, interdisant tout mouvement de joueur de moins de 18 ans. « C’est une très bonne loi parce qu’il y a déjà eu du recrutement agressif. » Cela fait référence aux jeunes joueurs africains qui, après avoir été remarqués par des clubs européens, ont vu leurs rêves être brisés.

Une loi qui a été instaurée afin que les mineurs ne soient pas éloignés de leurs familles, ne soient pas déracinés. « Si c’était mon enfant, je ne l’enverrais pas en Europe jouer au soccer. Ce n’est pas le meilleur choix pour un jeune. Premièrement, ça le détache de sa famille et il vit en pension. Il n’y pas que le sport, il faut aussi penser aux études. Qu’est-ce qui arrive après le soccer? » demande Daniel Taillon, qui privilégierait les programmes des universités américaines. « Les meilleurs sont remarqués et une bourse leur est offerte pour leurs études. À la fin, ils ont au moins quelque chose sous les pieds après le sport. »

C’est d’ailleurs ce qui était arrivé aux Montarvilloises Mélissa Busque et Geneviève Richard. Toutes deux courtisées par quelques universités des États-Unis, la première avait arrêté son choix sur l’université du Connecticut, alors que la deuxième était allée jouer à l’Université de Madison, au Wisconsin.

À la fin, est-ce qu’il y a un avantage de s’inscrite à un tel camp? Daniel Taillon se veut catégorique : « Pour le FC Mont-Bruno, nous n’en voyons aucun! »

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