Besoins criants, bémols de Québec

Besoins criants, bémols de Québec

Une vue du HLM, situé sur le boulevard Seigneuriel Ouest, à Saint-Bruno. (Photo : Saïd Mahrady)

Logement social

« Le besoin est plus que criant; des besoins qui sont en croissance », lance le député de Montarville, Michel Picard, à la suite du dévoilement de la nouvelle Stratégie nationale sur le logement par le gouvernement de Justin Trudeau.

Le représentant libéral dit avoir échangé avec des organismes communautaires à Saint-Bruno et Sainte-Julie lors de la Guignolée pour constater combien le niveau de vulnérabilité a augmenté. Il cite les « 1500 familles » montarvilloises qui font appel à des services d’aide, le cas des femmes monoparentales avec enfants qui travaillent, des couples avec enfants et un salaire qui font face à la hausse du coût de la vie. « La Stratégie nationale sur le logement s’adresse à la classe sociale vulnérable et elle est de moins en moins spécifique, de moins en moins limitée. Elle tombe à point pour garder nos gens en place. » Michel Picard ajoute avoir observé que « ce ne sont pas des gens qui sont dans la même situation financière qu’il y a dix ans. Leur situation est meilleure et pourtant insuffisante ».

Le programme fédéral de l’ordre de 40 milliards de dollars qui s’étale sur 10 ans sera effectif une fois ficelées les ententes spécifiques avec chacune des provinces. Le fédéral s’attend à ce que celles-ci y contribuent à une hauteur de 4,3 G$. À partir de 2020, soit après les prochaines élections, la Stratégie nationale va permettre à 300 000 ménages d’avoir une aide annualisée de 2 500 $ pour se loger, la réparation de 240 000 logements communautaires et la construction de 60 000 nouveaux logements. Ces investissements s’élèvent à 15,9 G$, auxquels il faut ajouter 9,1 G$ destinés à maintenir en état 385 000 logements communautaires.

« Le programme a pris naissance au fédéral et c’est l’ancien gouvernement qui s’en est retiré, donc l’exclusivité n’est pas acquise. » – Michel Picard

Des bémols bien sentis

« Ce n’est pas au fédéral d’imposer ses conditions », s’est insurgée devant les médias Lise Thériault, ministre responsable de la Protection du consommateur et de l’Habitation. Nathalie Roy, députée de Montarville, emboîte le pas à sa collègue provinciale. « Les sommes sont à rapatrier sans condition, tranche la représentante caquiste. Ça prend une entente asymétrique avec Ottawa pour que l’on ait notre part des 40 G$ et le contrôle de cet argent, car on peut se ramasser avec des dédoublements. »

Michel Picard mentionne n’avoir aucun doute quant à la conclusion d’une entente avec le gouvernement québécois, malgré l’opposition de ce dernier et de la Coalition Avenir Québec. « Le programme a pris naissance au fédéral et c’est l’ancien gouvernement qui s’en est retiré, donc l’exclusivité n’est pas acquise », fait savoir le député. Il tient par ailleurs à mentionner que lors de la rencontre ici à Saint-Bruno entre Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, et les organismes communautaires de la région, les demandes de ceux-ci « étaient claires et adressées directement au ministre ».

Nathalie Roy n’en démord pas. Le désengagement à l’époque du fédéral, poursuit-elle, a amené Québec à s’occuper de ce dossier : « Québec a fait des programmes et repris ça en main. Il a compensé, puisqu’il a injecté plus d’argent dans le logement social. »

Marco Monzon, du Comité de logement de la Rive-Sud, accueille favorablement l’initiative, puisque, précise-t-il, l’annonce de la Stratégie reconnaît aux citoyens le droit au logement. « Une fois l’argent dépensé, il restera très peu pour la construction de logements sociaux », nuance-t-il, non sans rappeler que sur ce plan, Longueuil enregistre beaucoup de retard en comparaison aux autres régions de la province. Tout comme le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), dont il est un partenaire, le Comité de logement de la Rive-Sud note que l’investissement doit « servir principalement à réparer et construire des logements sociaux, à restaurer et maintenir les subventions fédérales au logement, et à s’attaquer à la crise de l’itinérance ».

QUESTION AUX LECTEURS :

Êtes-vous d’accord que le fédéral encadre l’investissement en matière d’habitation?