Un sondage et un dernier appel au premier ministre

Un sondage et un dernier appel au premier ministre

Les maires de Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Lambert et Brossard étaient réunis à Saint-Lambert pour dévoiler le support de leur population sur leur soutien à la campagne "On paie trop pour Longueuil!"

Crédit photo : Frédéric Khalkhal

Réforme de l’agglomération de Longueuil

Les maires de Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Lambert et Brossard étaient réunis à Saint-Lambert ce matin pour dévoiler le soutien de leur population à leur campagne « On paie trop pour Longueuil! ».

 

Les trois maires restent plus que jamais mobilisés à quelques mois des élections municipales face à ce qu’il en coûte à leurs citoyens d’appartenir à l’agglomération de Longueuil.

« Ce sont 245 $ à 525 $ de plus que paie chaque citoyen pour appartenir à l’agglomération de Longueuil comparativement à une ville comparable », dénonce Paul Leduc, maire de Brossard.

Depuis octobre, les pancartes « On paie trop pour Longueuil » ont fleuri aux entrées des villes de Saint-Bruno, Brossard et Saint-Lambert. Le site Internet www.onpaietrop.com permet aussi aux citoyens d’avoir accès à des renseignements et des analyses pour mieux comprendre les revendications des trois maires.

Et pour être certains que les trois municipalités ont l’appui de leur population dans ce combat coûteux qu’ils mènent à l’entité créée par le gouvernement, les maires de Saint-Bruno, Brossard et Saint-Lambert ont présenté aujourd’hui un sondage CROP.

L’objet du sondage était de connaître l’« opinion des résidants de Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert à l’égard de l’agglomération de Longueuil ».

L’objectif, lui, est triple : mesurer la notoriété de la campagne « On paie trop pour Longueuil », mesurer la perception à l’égard de la structure de gestion des taxes de l’agglomération de Longueuil et l’opinion à l’égard d’une consultation publique qui viserait à demander au gouvernement de sortir les trois villes de l’agglomération.

Le sondage

Pour ce faire, un total de 1000 citoyens sur les trois villes ont été appelés au téléphone du 1er au 8 mars, tous étant âgés de 18 ans et plus. La marge d’erreur de l’étude est de 3,1 %.

On y apprend que la notoriété de la campagne « On paie trop pour Longueuil » a été de 86 % à Saint-Bruno, 83 % à Saint-Lambert et 72 % à Brossard.

Le sondage indique que « plus de la moitié des citoyens des trois villes sont au courant qu’environ la moitié de leur avis d’imposition sert à payer les services de l’agglomération ».

« Quarante-trois pour cent des citoyens de nos trois villes ignorent qu’environ la moitié de leurs taxes sert à payer les services de l’agglomération de Longueuil », était étonné d’apprendre Martin Murray, maire de Saint-Bruno.

L’étude poursuit en indiquant que « près de trois citoyens sur quatre considèrent que la répartition des dépenses de l’agglomération est injuste ».

Les trois quarts des citoyens des trois villes sont en désaccord avec le fait que la Ville de Longueuil gère les taxes de l’agglomération, et près de quatre citoyens sur dix sont tout à fait en désaccord.

Enfin, le sondage indique clairement, à 84 %, que les personnes sondées sont favorables à une consultation populaire visant à demander au gouvernement de sortir les trois villes de l’agglomération de Longueuil.

Plusieurs représentations des Villes auprès du ministère des Affaires municipales ont été données, sans aucun résultat. Les budgets de l’agglomération de Longueuil sont votés depuis 2015 seulement par Longueuil et Boucherville, qui légitimise le fonctionnement actuel de l’agglomération de Longueuil ayant comme ville-centre Longueuil. Les trois autres villes s’y opposent systématiquement. Il n’en fallait pas plus pour redonner une nouvelle source de motivation aux trois magistrats.

« Le sondage démontre clairement que les citoyennes et citoyens de nos villes sont prêts à nous suivre dans un plan de sortie de l’agglomération de Longueuil. » – Martin Murray

 Des maires motivés

« Le sondage démontre clairement que les citoyens de nos villes sont prêts à nous suivre dans un plan de sortie de l’agglomération de Longueuil. Le déséquilibre fiscal et le déficit démocratique engendrés par Longueuil ont atteint une limite inacceptable », a affirmé le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Martin Murray.

« Ces résultats démontrent que nos demandes visant à réformer en profondeur l’agglomération de Longueuil sont largement appuyées par la population. Le gouvernement du Québec ne peut plus se cacher la tête dans le sable et doit accepter de réformer l’agglomération ou la démanteler », a déclaré le maire de Brossard, Paul Leduc.

« Le poids abusif des quotes-parts vient étouffer notre capacité d’agir en tant que gouvernement de proximité et c’est d’autant plus vrai pour Saint-Lambert. Alors que le gouvernement du Québec souhaite valoriser ce rôle de proximité pour les municipalités, il omet de donner cette capacité aux villes reconstituées de l’agglomération de Longueuil. C’est inacceptable », a ajouté le maire de Saint-Lambert, Alain Dépatie.

Un référendum

Sans réponse de la part de Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales, qui « ne souhaite pas nous recevoir. Il nous a juste dit de nous arranger avec Longueuil », comme l’indique M. Leduc, les trois maires dissidents « par respect » s’adresseront au premier ministre pour leur indiquer que M. Coiteux ne souhaite pas recevoir trois maires. « S’il n’y a pas de changement à ce moment-là, nous ferons une consultation populaire », précisent les trois magistrats.

Ils déposeront aux prochains conseils municipaux respectifs les résultats de l’enquête CROP et entreprendront les démarches nécessaires afin de lancer un processus démocratique pouvant mener à une sortie de l’agglomération de Longueuil.

Même si un référendum n’a pas le pouvoir de faire changer les choses, car seul le gouvernement peut apporter des modifications à une agglomération, les trois maires iront de l’avant. « Ce sera une consultation populaire. Aucun gouvernement ne pourra l’ignorer. Nous sommes dans un régime démocratique », a précisé M. Leduc.

Caroline St-Hilaire, la mairesse de Longueuil, n’a pas souhaité répondre aux et elle n’a pas voulu commenter le sondage en question lors de la séance du conseil d’agglomération, « car je n’ai pas eu accès à ce sondage. Cependant, ma réponse n’a pas changé. Je laisse la porte ouverte à tout le monde, mais je ne peux pas discuter avec des gens qui menacent de sortir de l’agglomération ou qui menacent de faire un référendum. »

Depuis 2014

Depuis décembre 2014, les trois villes s’opposent vigoureusement au fonctionnement global de l’agglomération de Longueuil.

En 2014, Pierre Moreau , ministre des Affaires municipales, avait fermé la porte aux trois municipalités à tout changement dans l’agglomération. En 2016, son successeur, Martin Coiteux, avait fait de même.

Aujourd’hui, les trois maires indiquent avoir dépensé au total 100 000 $, une facture partagée par les trois villes en fonction de leur population.